NICO
2004 avait été une super saison, alors pourquoi ne pas tenter de
faire l'utmb? Fort de mes 2 gr 20 en 5jours, d'une fortiche et moult
trails, je décidais de tenter le coup.
Départ 20h , pour que les premiers soient applaudis de jour et me
voilà parti. Il faut bien 4 heures avant de comprendre ce que l'on
fait là mais en 2004, je suis parti l' esprit tranquille car la
saison était déjà positive alors avec Luc, alias T1000 nous partîmes
vraiment en dedans et bien nous en a pris. Les difficultés
s'enchaînèrent s'en trop de mal heureusement car au bout de 12h30 de
course, il nous en restait plus de la moitié. Avant la descente de
Courmayeur, je senti que quelque chose ne tournait pas rond chez
T1000 et je fus éclairé en repartant vers Bertone. Lucho avait
laissé ses deux tendons d'Achille dans la course et impossible
d'aller plus loin.(il se rattrapera en 2005).
La journée se déroula sans encombre jusqu'à Issert ou là je fut pris
d'un sérieux coup de buis dans la montée de Champex que j'atteignais
après 21 heures de course. Un dodo , une douche et un repas
s'imposèrent pour repartir. La deuxième nuit fut un véritable
cauchemar : 45 km à 4,5 km/h voire moins c'est long, je vous prie de
me croire mais bizarrement, je n'ai jamais douté d'aller au bout.
Totalement exténué, je suis arrivé à 6h 51 après 34h 45min de
course. PLUS JAMAIS CA!!!!! Et pourtant, re belote en 2005.
LUC
J'étais inscrit à la première édition en 2003, mais ayant terminé
mon second GR20 5 jours avant le départ, je ne me suis pas présenté
au départ. Je suis donc revenu en 2004 pour boucler ce TMB.
En 2004, je pars avec des bâtons, erreur fatale...En effet, j'ai la
particularité de me servir des mains comme appuis sur les cuisses et
d'incliner le buste à la montée. Les bâtons m'ont empêché de faire
comme d'habitude et j'ai eu des douleurs importantes aux deux
tendons d'Achille qui m'ont contraint à l'abandon au refuge Bertone
(77 km et + 4800 m). Je n'ai pas assez réfléchi, j'ai tenté, j'ai
perdu...
Nous étions ensemble depuis le début avec Nico et c'est avec peine
que je le laisse s'éloigner après le refuge Bertone.
LUC
Voilà 2005, mon petit cerveau a tiré les conséquences d'un manque
de réflexion et nous repartons vendredi 26 août à 19 heures. Beau
temps, magnifique coucher de soleil sur le Mont-Blanc vu du col de
Voza et surtout pas de bâtons !
Cela change tout, comme je l'avais constaté sur le troisième jour
du GR 20 cette année, les bâtons me ralentissent, je ne peux pas
incliner mon buste et je perds en efficacité. Je pars plus vite
que l'année dernière ( 1 h 33 pour Voza au lieu de 1 h 54), je
suis dans les 150 premiers des 2000 inscrits cette année. Je sors
la frontale dans la descente de Voza où je ne suis pas géné par
les coureurs comme l'année dernière. Je sais que Nico part plus
lentement mais qu'ensuite il reviendra sur moi au gré des portions
plus roulantes et "courables"...Je le reverrai...
Je sors mon lecteur MP3 et entame la première nuit sous les
applaudissements de la foule aux Contamines. Le début est tout de
même laborieux mentalement, je me demande ce que je fais là, ce
n'est qu'aux Chapieux que le moral revient après avoir discuté
quelques minutes avec des connaissances bénévoles (Pierre,
Jean-Luc...). Toujours en musique, je sors le col de la Seigne en
8 h 37 et le descends en doublant pas mal. L'arrivée a Courmayeur
se fait en 11 h 41 pour 72 km. Je me change et regarde sans cesse
les arrivées des coureurs pour retrouver Nico qui arrive 25
minutes après moi. Je repars en lui rappelant qu'on se reverra. La
montée de Bertone est laborieuse mais il y a pire que moi. C'est
la suite qui va être galère, c'est très long jusqu'à Arnuva et
c'est du radada ! J'arrive en 15 h 50.
Je remets la musique et entame le col Ferret avec une pêche
hallucinante (+1000m heure à l'alti), je double une dizaine de
concurrents. La pêche se barre et la descente sur la Fouly se fait
lentement.
C'est en partant du ravito de la Fouly que j'entends mon prénom,
c'est Nico qui rentre après 18 h 39 seul ! Super on va pouvoir
discuter et finir ensemble...C'est exactement ce qui se passe, nos
points forts étant émoussés, le plus petit dénominateur commun
pour nous deux est la vitesse à laquelle nous progressons
ensemble. Que c'est agréable d'avoir un cousin qui va à la même
vitesse que soi ! Le seul point noir de cette fin de course sera
la pluie attrapée à Trient, avec la pluie vient la boue, le
brouillard...
Il y a des gars en perdition, nous, nous progressons lentement
mais sûrement. La ligne d'arrivée est coupée en 31 h 55à la 96ième
place. Nos femmes et Isabelle (du GR20 2005) nous attendent et
c'est super car on est un peu beaucoup fatigués !! Douche et
dodo...
Ne pas avoir pris de bâtons ne m'a pas du tout gêné, nous ne
sommes que peu à ne pas en prendre (estimation perso à moins de 1
sur 10 finishers). Comme toujours, il faut bien se garder de
donner trop de conseils car chacun a ses spécificités. Pour moi,
les bâtons sont inutiles voire pénalisants en montée mais beaucoup
d'autres ne jurent que par eux...
Il y aura plus de 1200 abandons et 774 finishers dont 3
extraterrestres (les 3 premiers) et un surmutant ( Werner
Schweizer 66 ans qui finit en 11ième position !).
NICO
Les années se suivent et ne se ressemblent pas puisque j'aborde
l'utmb 2005 dans un état complètement différent de 2004. Cette
année, aucune perf sur les courses de plus de 37 km!!!
Que de déceptions au trail de la Sainte Victoire, de Bacchus et
surtout au trail des glaciers de la Vanoise ou j'ai frôlé
l'incident grave, il faut bien l'avouer. Aucune course depuis le 3
juillet et pas mal de doutes. La machine s'est remise en marche à
l'occasion d'une prépa de 4 jours à la Bérarde. Les paysages ne
laissent pas indifférent et l'envie du trail est revenue à cette
occasion. Le départ se fait dans les 100 premiers avec T1000 pour
éviter la cohue et très vite Lucho se détache sur un rythme
nettement plus rapide que le mien qui ne me semble pas lent. En
effet, je passe en haut de Voza avec 25 min d'avance sur 2004, je
décide alors de lever le pied à la place de quoi, je me tords la
cheville et me ressens d'une douleur que je traîne depuis janvier.
Il me paraît alors totalement impossible de boucler le tour si ma
cheville se retord de la sorte avant 29h de course car je n'ai que
2h30 dans les pattes!!! Il n'en fut rien, heureusement mais c'est
un vrai miracle.
Je sais que le cousin est devant mais ne m'affole pas car je
connais la fin mieux que lui et surtout, je sais que ce début de
parcours lui correspond bien mieux qu'à moi mais tout de même!! Je
gamberge et me dit que je ne le reverrai peut-être plus, que c'est
décidément pas mon année et que je ferais mieux d'arrêter et
d'aller me coucher. Le problème, c'est qu'il faut annoncer à tous
ceux qui vous entourent que vous arrêtez alors que vous êtes en
pleine forme. Du coup, on court et on fini par évacuer ses pensées
parasites pour se concentrer sur la course.
Les montées sont difficiles pour moi mais les descentes sont
l'occasion de reprendre beaucoup de monde et je me surprends à
penser que se sera le cas jusqu'à l'arrivée. 30 places de reprises
dans la descente sur Courmayeur ou je retrouve T1000 qui me semble
frais et surtout, qui s'apprête à repartir alors que je débarque
juste!!! Putain, il la veut son édition 2005!!!!
Je repars avec 25 min de retard environ mais je progresse bien
puisque je double quelques concurrents avant Bertone et cette fois
ci, en montée. La suite est faite pour moi et ma longue foulée, je
double, je double et je double ce qui me permet d'apercevoir Lucho
à Arnuva. Je sais à ce moment là, que je boucherais le trou dans
la descente du col du Ferret. Ce col se revèlera plus dur que je
ne le pensais sur sa partie finale, mais la descente est là, ouf
pour 20 km. La jonction est opérée avec le cousin peu après la
Fouly. Je suis soulagé quelque part…
La logique aurait voulu que je fasse le trou dans la foulée mais
il n'en fut rien, je pense qu' inconsciemment dans mon esprit, le
contrat est rempli, dans mon corps, les kilomètres deviennent de
plus en plus lourds.
J'ai peur de la deuxième nuit et je me surprends à plusieurs
reprises avoir envie de plier à Champex. T1000 me motive pour
repartir et la suite lui donnera raison car malgré la pluie, nous
terminerons à une plus qu'honorable 96 éme place, le top 100 quoi,
merde!!!!!!!!
Ce tour reste une sacrée aventure, un sacré morceau mais qu'est ce
que c'est bon de l'avaler en 31 h 55 soit 2h 47 de gagnées sur
2004!!! Et 2006 me direz vous? Et bien NON!! Les sacrifices que
demande une telle course avant, mais aussi après sont énormes. La
méforme de mars est peut être le fruit d'une fatigue due à une fin
de saison trop chargée, une cure de vélo s'impose jusqu'au ski de
fond. CHaOUAAAAAAAAA!!!!!
Ce ne sont pas moins de 5 GR20tistes qui se présentent sur
l'UTMB 06. Yannick, Marc, Dan, Nico et Luc. Chantal et Florence
se lancent sur le CCC de 87 km.
NICO
Ya rien à faire, je n'avais pas pu faire de cet utmb 2006 un
objectif véritable. Pourquoi? Le fait d'avoir boucler 2 fois de
suite et d'avoir le sentiment de m'être approché de mes limites
chronométriques en 2005 avec Lucho.
Je me suis inscrit en fait poussé par l'envie de partager cette
édition avec tous mes potes, car il ne manquait personne au
départ! Yannick, Marco, Dan, Patrick et bien sûr l'inévitable
t1000 qui je le savais était remonté comme jamais.
Du coup, de me retrouver au milieu de tous ces potes suffisait à
mon bonheur et j'en avais presque oublié que j'étais là pour une
course impitoyable. Pas prêt mentalement sur la ligne de départ
et de petits détails en témoignent: chaussures pas laçées
suffisamment, frontale hors de portée immédiate, mp3 pas
correctement placé. Bref, faut y aller...
Le départ, comme le dit Lucho, se fait comme un parcours en
corrida urbaine, à 13 km/h pour sortir de cham, faut dire que ce
con de t1000 avait annoncé un pointage à 2 km du départ donc
faut éviter les embouteillages, salaud ce Lucho!!!!
Voza est avalé mais ça va trop vite pour moi, tu penses, 10 min
d'avance au bout de 1h35 de course, 46 secondes de moins au
kilomètre!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!Ca caille déjà et
faut se changer. Je ne reverrais T1000 que 18h plus tard dans
des conditions spéciales à Champex.
Les jambes sont bonnes mais rien ne me tente au ravito de voza,
je ne prends qu'un verre d'eau et un bout de banane. Aux
contamines, je n'ai que 12 min d'avance sur 2005 mais je fais ce
qu'il faut. Une soupe chaude ultra salée et c'est presque tout,
je ne m'alimente pas assez mais tout m'écoeure, je n'y prète pas
trop attention.
J'enfile une couche de plus pour approcher de la Balme ou le
froid est saisissant la montée est correcte mais je puise déjà,
ce qui est inconcevable. Je fais une hypo à 20 min de la bascule
mais elle est vite jugulée par une compote qui passe directe
dans le sang. Je bascule bien mais avale presque rien. Je pars
des Chapieux en avance sur 2005 mais normal, puisque je ne peux
pas m"alimenter, inutile de rester trop longtemps. Je repars
avec quelques pâtes , de la banane et du gruyère que je ne
garderais pas. Je vomis tout à 20 min de la bascule de la
Seigne. Libéré, je repars super et au sommet de mont Favre, j'ai
44 secondes de retard sur 2005!!!!!!!!!!! 4 min de retard à
Courmayeur mais, 2 min d'avnce à Bertone, normal puisque, comme
aux Chapieux, je ne peux pas manger correctement à Courm, donc
je repars en espérant que ça va se débloquer. Je vomis à nouveau
sur le coup de cul juste après le refuge de Bertone mais
derrière, ça descend quasiment, je cours là dessus sans dépenser
d'énergie.
6min de retard à Bonatti , rien de catastrophique, les jambes
sont super mais faut que ça se décante sous peu car avec le
Ferret,on ne triche pas. 13 min de retard à Arnuva, la situation
gastrique est tjs bloquée, c'est trop tard. Un mèdecin me donne
un Prinperan, mon ethique n'aime pas ça et en plus ça ne me fait
rien, le Ferret aura raison de moi.
Une montée à l'agonie où je perds 61 places m'arrêtant,
somnolant, redescendant puis finalement basculant au sommet avec
47 min de retard. Je prévois de stopper à la Peulaz. Les jambes
avancent sans douleur mais le coeur ne monte plus du tout, je ne
peux supporter aucun effort. Dormir 2 heures et repartir? Rien
ne me dit que je serai mieux. Si je suis mieux, je vais finir
mais loin de mon objectif chronométrique. Finir 2 fois sur 3,
c'est déjà super, alors, la mort dans l'âme, je bâche comme on
dit, la puce électronique est désactivée, c'est fini.
Je rejoins la Fouly en voiture , avec un compagnon d'infortune
puis Champex. T1000 repart juste. C'est impressionnant. Il ne
faiblira aucunement bien au contraire, et dans dans des
conditions météo qu'il appelait de ses voeux, car plus la course
est dure, plus il se renforce de la détresse des autres coureurs
à l'agonie. Re-medecin à Champex , pour un autre medicament. La
faim reviendra à 19h du soir. Je suis dans un état de fraîcheur,
une fois rassasié, qui me laisse un gôut amer car j'avais les
jambes cette année, cela dit dehors, c'est l'apocalypse et je
n'ose pas imaginer en haut de Bovine ou des Tseppes. En août
2005, j'avais dit, stop je passe la main je ne ferais pas
l'édition 2006. Cette fois-ci, je ne dis pas la même chose. Je
vais refaire l'utmb en 2008, ou 2009 et le couteau entre les
dents pour effacer cette déception.
Mes pensées vont déjà vers d'autres courses car j'ai les jambes.
Le trail du tétras Lyre me dit bien le 23 septembre du côté de
chez Marco:39.5 km avec +2000m.
LUC
Lors de cette nouvelle confrontation aux 158km et 8500 m+, les
sensations au départ sont bonnes, mais il va falloir aller
chercher au plus profond les capacités mentales pour en
terminer.
J'en suis persuadé, ce qui détermine une meilleure perf d'une
autre, un finisher d'un abandon autre que sur soucis physiques,
c'est le mental. En détresse, en grande fatigue, le corps est
capable d'avancer, il n'y a qu'à voir tous les finishers qui
courent à plus de 10km/h sur la rue à l'arrivée alors qu'ils ont
mis 2 h pour les 9 derniers kilomètres en marchant. C'est la
tête qui fait que l'on peut dépasser le stade de la douleur.
Alors dans cette lutte 2006 contre soi-même et les éléments, je
peux dire que je suis satisfait sur le résultat final (temps et
place) mais qu'est-ce que ce fût dur . D'ailleurs, je me suis
concerté avec moi-même dans la montée à l'arête mont Favre et
nous avons décidé d'un commun accord de faire l'impasse en
2007... Les objectifs sont par ordre croissant de bonheur :
1 de finir
2 moins de 30 h
3 courir avec quelqu'un (Nico, Marc, Dan ou Yannick)
Donc, ligne de départ, Yannick, Dan et Marc sont plusieurs
lignes devant alors que je suis à côté de Nico à attendre le
départ. Nous sommes en court en haut et en bas. Les pensées vont
vers Florence qui court sur le 87km. Le départ se fera à plus de
13 km/h pour remonter vers les 200 premiers. Il me semble que
cela part vraiment vite, au bout de 5 minutes, nous doublons
Marc qui a l'air en forme, puis Dan qui finalement n'a embroché
personne avec ses bâtons de 3 mètres. On fait le yoyo avec Nico
jusqu'à Voza, on passe en 1 h 34 min soit une minute de plus
qu'en 2005, c'est nickel pour les moins de 30 heures.
Dans Voza, on dirait que je suis incontinent, je m'arrête 4 fois
pour arroser les herbes qui ne m'avaient pourtant rien fait.
Je me suis habillé dans la montée, je n'ai plus qu'à sortir la
frontale car la nuit tombe vite et je l'allumerai plus tard.
Nico me dit qu'il s'habille et que je n'ai qu'à filer. J'ai pris
de quoi manger dans la descente, cela me ralentira et c'est
mieux ainsi...Des concurrents passent à fond dans cette
descente, des prétendants au podium ? Plutôt de futurs abandons
d'après ce que j'en ai vu plus loin...
Frontale allumée, je progresse vers les Contamines avec 2
minutes d'avance sur 2005, super ! Maintenant, je sers les
dents, car le plat n'est vraiment pas mon truc, mais j'ai appris
à patienter et dès la voie romaine, c'est pour moi, je dépose
pas mal de monde et ne me fais pas doubler, bilan : 8 min
d'avance à Balme !
Il commence à y avoir des gars 'out', les visages sont moins
angéliques...
C'est enfin l'entrée dans la nuit noire, plus de spectateurs, le
mp3 rythme mes pas, tout roule, le terrain m'est favorable. Je
fais une bonne descente en 37 min et j'ai 10 minutes d'avance
aux Chapieux. 5 minutes et 3 soupes plus tard, je repars en
regardant si Nico rentre, mais non... Je suis bien, je cours
jusqu'au gros rocher sur la route et monte au train en musique
(mp3). Il fait frais, je mets le collant à la ville des
glaciers. J'ai tous les vêtements sur moi, il fait froid dans
cette montée de la Seigne, le sol est gelé et le givre recouvre
les herbes. Je vais passer là un mauvais moment, je fais deux
pauses de 30 secondes, car je ne suis pas bien, mais je passe au
sommet avec 13 min d'avance, comme quoi ! Du coup, le moral
revient et j'entame la descente malgré les rappels à l'ordre de
mes cuisses.
Tiens ! Mais il est où le ravito d'Elisabetta ? Ouf, il est
juste un étage en dessous de 2005, 2 soupes et zou la ligne
droite ! Dans la montée à Favre, je suis le 98, cela aurait été
marrant de voir Nico débouler, 96,97 et 98 en enfilade ! On
monte au train, sans forcer, et 9 minutes d'avance sur 2005
(J'ai perdu 4 minutes sur ce tronçon, mince !). Descente sur
Checroui et hop, 15 min d'avance, moral au top. Courmayeur avec
17 minutes de bonus, je n'ai plus qu'à gérer un arrêt de 25
minutes et ce sera bon. Surprise, Yannick est là, douché, en
civil, il s'est arrêté aux Contamines et suis la course en
filant des coups de main aux potes. Il s'occupe de mon sac et je
mange avec lui, il veut que j'avale 300 gr de pâtes en 30
secondes !
Des gars se font masser, quelle horreur ! Vade retro masseurs !
Je contourne ce lieu de perdition. Sortie du gymnase à 7 h tout
rond, montée au train à Bertone (23 min d'avance). Maintenant,
c'est le terrain de jeu de Nico, il va revenir dans cette partie
ou me reprendre du temps. Je suis bien et j'ai 31 min d'avance,
je demande au bénévole chargé de l'informatique de me dire où
est Nico, il a 38 min de retard à Bertone. Rapide calcul, il
devrait rentrer plus loin que l'année dernière sauf s'il vole
comme à son habitude sur ce terrain...
Je fais une très bonne descente sur Arnuva (35 min d'avance), 2
soupes et c'est le Ferret, je grappille encore deux minutes. Un
hélico évacue un concurrent... Passage à la Peulaz avec 43
minutes sur 2005, nickel !
Que vois-je ? Patrice allongé sur un banc, verdict : problèmes
gastriques et c'est fini pour lui. Je peux courir jusqu'à la
Fouly et j'ai 55 min d'avance. Je serre les dents, je pense que
Nico chasse derrière, mais c'est un autre scénario qui se
déroule : problèmes gastriques pour Nico. Montée à Champex et je
retrouve Yannick qui me file de l'aide dans les manip de sac. Je
repars et Yannick hurle, c'est Nico !! Je lui dis de faire vite
et de venir faire tomber cette barre des 30 heures, mais lui me
montre son dossard coupé, je comprends, il va falloir lutter
seul, merde ! C'est l'été à Champex, il fait bon et bien 1 h 30
min plus tard, c'est le mois de novembre qui rapplique à Bovine,
l'apocalypse selon Saint UTMB ! Un vent incroyable se met à
souffler et il pleut à l'horizontal ! Surtout ne pas s'arrêter,
je perdrais trop de degrés et le redémarrage serait impossible.
La course rentre dans une phase critique... Sortie du Poncho
plastique et collant sous la tente du médecin à Bovine( 1 h 51
d'avance). Il faut encore que je gratte du temps, je suis juste
à 30 heures à ce rythme... Descente pourrie à souhait sur Trient
(1 h 57 de mieux) et montée à l'apocalypse II le retour, ou les
Tseppes (2 h 09 de mieux) montées à 850 m/h. Que dire de cet
anglais qui monte en short et tee-shirt, est-ce une
hallucination comme je commence à avoir ? Ben non, le gars n'a
pas froid alors que tout le monde se les pèle.
Ambiance club med antarctique, très froid et canyonning à la
descente jusqu'à Vallorcine (2 h 36 de mieux).
Heureusement que les chronos remontent le moral sinon ce serait
comme les deux gars qui projetaient de passer la nuit à
Vallorcine. Le col des Montets est longgggggggggg ! Mais
Argentière arrive avec 2 h 44 de mieux. Allez, il faut courir,
ce p....n de balcon sud, je vais le tuer ! Mauvais départ, je
bute sur un rocher et, honte à moi, je pose une main par terre :
première presque gamelle du tour ! Mon ongle d'orteil en fera
les frais, paix à son âme... Je gagnerai près de 30 min sur ce
parcours et 3 h 15 sur le total avec une arrivée en 28 h 40. Je
n'en reviens pas, je ne demande même pas ma place, c'est
accessoire, le chrono est tellement beau ! Il n'y a personne de
connu sur la ligne, ils dorment les gosses ? Non, le dernier SMS
d'Argentière n'est pas passé et Florence qui regardait par
hasard m'a reconnu. Elle arrive alors que je rentre à l'appart
avec une cannette de coca et la veste de finisher à la main.
Merde, c'est fini, comme un film trop long dont on attendait la
fin et qui une fois fini nous laisse tout étrange. Ca grouille
autour de moi, l'atterrissage ne se fera pas ce soir, on a volé
trop haut, le manque de sommeil crée des sensations bizarres.
Premières questions : As-tu fini le 87 ? Où sont Marc, Nico, Dan
? Les réponses tombent, toutes un peu tristes mais ce n'est pas
grave, il n'y a pas de blessé. Il faut dormir maintenant, je
prends un bain chaud et file me coucher après avoir discuté avec
Marc.
Mes deux premiers objectifs se sont réalisés, dommage pour le
troisième, cela aurait été parfait !
DAN
Qui a dit que j'allais abandonner au CR UTMB 2006 ? C'est qu'on
n'a pas l'habitude des CR, on en écrit depuis peu...
Première participation à l’UTMB. De toute façon je n’ai jamais
couru plus de 50 km et 4000 D+.
Pour rire, mon objectif était de dépasser le refuge des Mottets,
pour faire mieux qu’Isa lors de la première édition. La
préparation était mal partie, grosse fatigue due aux trois
premiers mois de Maïka. Les nuits sont courtes et mouvementées.
Puis quelques grimpettes avec Luc dans les Ecrins qui me
conseille, au regard de ma vitesse linéaire, de faire du plat le
reste du temps avant l’UTMB. Donc deux semaines à courir à 15
km/h sur les berges de l’Isère. Le jour J, je m’installe avec
Marc dans les premières lignes du départ.
T 1000 et Nico nous ont dit de partir vite jusqu’aux Houches.
Dès le coup d’envoi, c’est la corrida dans les rue de Cham. Je
fais la sangsue derrière un coureur qui se faufile entre tout le
monde. Le rythme est rapide mais supportable. Luc me rejoint et
trouve que ma préparation sur le plat était au point. Il me
dépasse, je ne le reverrai plus avant dimanche matin. Col de
Voza en 1h34, pas de fatigue.
Il fait encore jour, je laisse la frontale dans le sac. Le
problème, c’est que dans la forêt vers les contamines il fait
noir. Je me cale derrière un coureur et squatte son faisceau,
mais il stoppe pour pisser. Après 500m dans les racines, je
m’arrête pour mettre la frontale. Nico me double, me demande si
ça va (il avait reconnu ma légendaire foulée) et finalement, on
se retrouve au ravito des Contamines.
Là, c’est du délire, ça ressemble à l’arête du Grand Mont sur
l’étape de la Pierra Menta. C’est de courte durée, l’isolement
revient sur le plat avant la montée du Bonhomme (qui est un peu
long à mon goût). Je trottine tranquille pensant au dénivelé du
col et pas mal de coureurs me doublent. Dès que ça grimpe, je me
cale à 900m/h, 2min au ravito de la Balme et arrivée aux
Chapieux un peu avant 2h du mat. Pause de 20min et je marche
rapidement jusqu’au départ de la Seigne.
Trouvant des coureurs à mon rythme et connaissant la montée, je
ne souffre pas jusqu’à Elisabetta. Un petit plat toujours un peu
long et c’est l’arête puis Chécroui. Il fait déjà un peu jour et
je retrace les itinéraires parcourus ou non sur les sommets que
j’aperçois. Une longue pensée pour Agnès, décédée un mois plus
tôt, à la Dent du Géant, et j’arrive à Courmayeur. Il est 7h30,
je vois Nico qui lui, repart. Je suis pas trop entamé mais je
pense qu’un petit massage sera bénéfique : erreur j’ai perdu du
temps à faire la queue, je me suis refroidi musculairement, ça
m’a rien apporté. Je mange mes pâtes et je repars.
La montée sur Bertone se fait sans douleur, petit ravito et je
poursuis toujours en observant les sommets à ma gauche : envers
du Triolet où quelques voies d’escalade nous attendent toujours.
J’en profite pour repérer le refuge Dalmazzi.
La liaison Bertone Bonatti n’est pas mon terrain favori,
j’attrape donc un coureur et me force à trottiner derrière lui.
Une petite douleur, genre périostite, apparaît au niveau du
tibia gauche, puis à droite. C’est supportable et, comme me
disait Luc, ça passe parfois au bout d’une heure ou deux. De
Bonatti à Arnuva ça devient l’enfer et je dois marcher jusqu’à
l’ascension du Ferret. Un peu fâché de m’être fait dépasser et
la douleur disparaissant dans l’effort de montée, je grimpe à
1000m/h. Mais dès la redescente sur la Peulaz, la douleur est
plus que vive et je dois marcher jusqu’à la Fouly. Je vois un
médecin suisse qui me soumet l’idée d’abandonner. Le temps de
convalescence sera proportionnel au temps de l’effort musculaire
que je m’imposerai. Il est 15h00, je décide de poursuivre
jusqu’à Champex. La douleur m’empêche de courir et, au bout de
20 min, marcher est un calvaire. Résigné, je fais demi-tour et
abandonne à La Fouly. Retour en navette à Champex, bus jusqu’à
Cham. Il est 20h00, il me faut 15 min pour effectuer les 100m
qui me séparent de la zone médicale. Les adducteurs sont HS et
impossible de fléchir le pied gauche. Les kinés font ce qu’ils
peuvent et je me couche vers 21h00. Nuit d’enfer, et vers 8h00
du mat je décide d’aller prendre le petit déj. Au radar et au
ralenti je me dirige vers le service. Nico m’appelle trois fois
et finalement vient me voir.
Il me faut quelques secondes pour le reconnaître. Une quinzaine
de jours seront nécessaires pour ne plus avoir de douleur
tibiale. Mais finalement j’espère bien être de l’édition 2007…
MARC
Il est 19H me voilà en route pour 158 kms, je ne suis pas
stressé plus que ça, je me dis content d'être là avec mes
copains prêt à défier ma tête et mon corps sur une épreuve
redoutable.
Je suis devant dans les rues de Chamonix, pour très peu de temps
car les copains me rattrapent, me doublent, je me dis Aïe ! Je
crois que je vais courir un moment seul. Très vite, je n'ai pas
de bonnes sensations, au bout de 8 kms j'ai une douleur au genou
mais je ne veux même pas y penser, je me dis que la machine est
en train de chauffer et que ça va passer. Les premières montées
arrivent, les sensations ne sont toujours pas au rendez-vous et
tout le monde me double, j'ai la stupide impression d'être le
dernier.
J'arrive aux Contamines, c'est le choc, du monde, du monde, et
encore du monde, je me ravitaille tant bien que mal et je repars
: je sais à ce moment là que c'est un jour sans et que je vais
en baver. Ma douleur au genou a fait des petits car maintenant
j'ai mal aux deux : la colère m'envahit, faut pas me chercher.
Je continue en me disant que ça va passer,
blablablablablablabla!!!!! Arrive la montée du Bonhomme, je me
sens alors beaucoup mieux surtout à partir de la Balme où d'un
coup, miracle, plus aucune douleur, les jambes sont revenues, je
double des dizaines de concurrents jusqu'à la croix. La
confiance revient, mais pas pour longtemps, hélas. La descente
se profile et mes genoux me rappellent de nouveau à l'ordre, je
ne comprend pas. C'est la galère jusqu'aux Chapieux, je souffre,
j'avance pas ! Pourtant habituellement la descente est une
partie du trail que j'affectionne tout particulièrement. Le
doute est là et il est bien difficile de lutter, je reste
environ 10 mn au ravito, les bénévoles sont charmants, je
repense aux sensations de la Bérarde avec Nico et j'y crois
encore, je repars. La montée sur la route se déroule plutôt
bien, même si elle me paraît interminable.
Me voilà dans la Seigne, les souvenirs me reviennent, je me
retourne et je vois des dizaines de frontales derrière moi, ça
me redonne la rage de continuer. Je franchis le col au petit
matin, il fait super froid, la lumière est fantastique, je me
dis que je suis un privilégié d'être là. La descente sur
Elisabetta me fait atrocement souffrir, enfin le ravito, je n'ai
plus le choix il faut continuer. J'enchaîne Arête mon Favre/Col
Chécroui, je n'avance plus.
La descente sur Courmayeur est une horreur , je vais mettre
1H30, dents serrées. Je décide d'abondonner, je suis déçu car
j'ai eu très peu de bonnes sensations. Luc tu as raison encore
une fois : la course commence à Courmayeur.
LUC
Cette nouvelle édition étrennait un parcours plus long de 5
km et de 400 m+. Le choix de l'allongement s'est fait
"politico-économiquement" sur St Gervais au détriment de
l'option "plein les yeux" que représentait le col Sapin
après Courmayeur. Dommage pour la qualité car St Gervais est
certes une commune traversée par l'UTMB mais de là à nous
faire passer au centre du village après une descente
déplaisante. J'espère que les alpages de Bovine
n'appartiennent pas à Martigny car l'année prochaine, les
coureurs passeront au centre de la ville suisse si le maire
en fait la demande !
C'est un détail mais les dérives peuvent s'amplifier si l'on
y prend pas garde... Conditions météo parfaites,
organisation au top, mais bon sang que cela a été dur cette
année. Mes premiers mots ont été "aucun plaisir", j'ai dû
piocher depuis Arnuva cette année. Avec pour toile de fond
ce lent délabrement physique que produit l'ultra, le moral
n'était pas au beau fixe. Je n'ai pas retrouvé les
sensations de l'année dernière, le scénario a dérapé vers le
pathétique entre la Seigne et Argentière.
Nous sommes super bien placés dans l'aire de départ avec
Nico, Isa et Michèle. Bon départ, pourtant, dans les 200
premiers, de bonnes jambes mais plus cette émotion des
premiers UTMB où les frissons montent dans le dos, j'ai dû
laisser ma place au niveau émotion cette fois-ci. Je garde
de ce départ avant les Houches, les féminines qui sont
parties au taquet devant Karine Herry. Deux japonaises qui
virevoltent un peu trop, leur a-t-on dit qu'il y avait 163
km ? Je reverrai la plus grande en pleurs à Courmayeur et la
plus petite partant chez les kinés à Arnuva... Voza est
avalé sans fatigue, le temps passe vite, je rencontre des
connaissances et on papote. Ensuite, jusqu'à St Gervais,
c'est presque comique. Si le parcours n'est pas très
chouette sur la fin de la descente, c'est surtout le
comportement de certains coureurs et coureuses qui est
hallucinant. Certains me passent à 13 ou 14 km/h dans la
descente, je m'amuse à enregistrer soit leur numéro de
dossard soit leur morphologie pour voir s'ils vont loin. Et
ce n'a pas raté, je les ai presque tous revus plus loin dans
la course, explosés ou au ralenti. Bref, chacun fait ce
qu'il veut... Jusqu'à Notre dame de la Gorge, c'est long
mais je suis surpris car c'est passé vite. Nico ne rentre
pas, c'est louche. La montée au Bonhomme se fait au train,
sans avoir l'impression de pouvoir aller plus vite, bizarre
! Je double pas mal de monde jusqu'aux Chapieux. Décor
somptueux sur la route jusqu'à la ville des glaciers, la
lune se lève, les bons morceaux défilent sur le lecteur mp3,
les seuls frissons de cet UTMB me parcourent l'échine.
Remontée au train sur la Seigne, François, un ami, est au
col, on discute deux minutes, cela fait du bien surtout
qu'il n'y a pas de vent quand je passe !
Descente sans conviction sur Elisabetta, j'assiste à
l'engueulade d'une bénévole et d'un américain qui veut
remplir ses bidons de Maxim alors que c'est interdit, un
grand moment !
J'arrive à Courmayeur avec 45 minutes de plus pour les 5km
et 400m+, c'est plus que correct mais je viens de m'en
apercevoir en l'écrivant. Il m'a manqué cette lucidité de
l'année dernière sur mon tableau de marche. Je m'étais fixé
un arrêt plus court qu'en 2006 et c'est réussi puisque je
m'arrête 25 min pour ravitailler. Hop, il faut repartir et
c'est maintenant que la différence avec l'année dernière
sera la plus impressionnante : en 2006, je gagne près de 80
places entre Courm et Cham et en 2007 près de 40. Tout est
dit, ma progression se fera de façon laborieuse en un temps
supérieur de 45 minutes à celui de 2006 sur le même tronçon.
A Bonatti je demande où se trouvent Florence et Nico, je
sais que Florence s'est fait une entorse et maintenant je
sais qu'elle a plié à Champex. Nico a 55 min de retard. J'ai
envie de bâcher depuis Arnuva et même le fait de doubler les
dossards 17, 22... ne me motive plus. A Champex, atteint
péniblement, je me dis qu'il vaut mieux arrêter car je
n'éprouve aucun plaisir mais en allant demander où se
trouvaient Nico et Isa ( 2 h et 3 h derrière), je constate
que finalement...pourquoi ne pas passer Bovine, je verrai
après. Bovine est passé, à Trient si Florence avait été là
avec les petits, je rentrais avec eux. Point là, je
continue. Werner me dépose dans la montée, quelques
escargots aussi et c'est la descente. Rattrapage de Werner
qui peste contre le sentier trop caillouteux et ravito de
Vallorcine. Je passe le col des Montets et je retrouve des
jambes pour courir à partir d'Argentière. Je reprendrai 4
coureurs dont Werner avec qui j'échange quelques mots. Et
c'est à 12 km/h avec de bonnes jambes que je passe sous le
portique d'arrivée. De bonnes jambes du début jusqu'à la
Seigne puis d'Argentière à Cham ! Y a mieux ! Je sais depuis
Vallorcine que Nico à bâché à Champex, j'aurai le fin mot de
l'histoire en arrivant : entorse à la Seigne ! Et la gazelle
à couru 60 km avec ça pour plier à Champex ! ça a dû ouiner
et couiner sur son passage !
Finalement, à froid, je me dis que mon temps n'est pas si
mal. J'ai mis 45 minutes pour faire les 5 km et + 400 m de
la première partie du parcours. Ce qui aurait donné un temps
de 29 h 25 avec les jambes de 2006. 42 minutes perdues sur
la fin de parcours depuis Courmayeur par rapport à 2006 (
soit 20 places ), pas grand chose au final...
Félicitations à Isa (36 h 27) et Michèle (41 h 11), du beau
boulot !
NICO
Cette édition devait effacer la déconvenue gastrique de
2006, il n'en fut rien. La préparation était bonne, entamée
début juillet par un gr 20 en 4 jours qui restera longtemps
un sacré souvenir. J'ai le dénivelé sans problème, les
bornes aussi, souffrir? Je sais.
Alors quoi? Une entorse à la con avant Elisabetta. Avant ça,
tout allait pas trop mal. D épart plus prudent que 2006 mais
bonnes sensations assez rapidement. J'avale Voza mais la
descente sur Saint Gervais m'allume les cuisses.
La douleur m'empêchera de courir sur les parties roulantes
que j'affectionne. Mieux, je me ferais masser à Arnuva alors
que je sais pertinemment que ça sert à rien. Les cols et
leur longueur ne m'ont pas impressionné comme les autres
années du fait du programme estival en Corse+ pyrénées+
etc... Cela dit, je sens que je me vide peu à peu et ce dès
la première nuit. Je laisse beaucoup de temps à Elisabetta,
Chécroui, Courmayeur ou je me douche après la découverte de
mon oeuf de pigeon sur la malléole !
Je repars sur Bertone avec les cuisses en vrac, je ne cours
pas dans Courmayeur comme d'hab.
Encore 10 min de laissés en plus des 10 min normales au
ravito de Bertone. Après j'aurais du voler. Rien, les
cuisses sont HS. Bonatti et encore bcp de temps de perdu,
Arnuva idem.
Je monte bien le Ferret et je suis en avance sur mon tableau
de marche mais ma descente de prédilection jusqu'à Praz de
fort est compromise par ces p... de cuisses. La peulaz
encore 10 min de trop, à la Fouly, c'est carrément 15 min,
je dors sur la table, me reveille et dégueule derrière la
tente du ravito. Impossible de m'alimenter comme en 2006
mais je veux aller jusqu'à champex et me refaire une santé
pour finir.
Je perds beaucoup de temps et de places entre la Fouly et
Champex mais je n'ai plus rien dans le ventre. Je m'écroule
à Champex, endormi par l'hypo et le réveil sera fatal: le
mal de cuisse + les soucis gastriques plus la cheville à
froid qui me fait claudiquer et une nuit qui m'attend! Je
renonce et je crois que j'ai bien fait.
Mais ne nous y trompons pas, c'est l'alimentation qui
m'arrête car les cuisses font tjs mal après 20h. Quant à
l'entorse, à chaud, elle ne gênait pas tant que ça. Il faut
laisser couler de l'eau sous les ponts 2006 et 2007 et
gageons qu'en 2009 ou 2010, le vétéran 1 que je serai
passera la ligne d'arrivée. Cette course est hors norme et
il faut retrouver l'envie d'en être ainsi que l'envie de
courir sur ce parcours.
NICO
5 ème participation déjà, et oui, on se fait v1....
Après deux echecs successifs et un passage par Embrun,
retour à Chamonix pour boucler cette fois -ci. A demi
rassuré par ma prépa (le gr20 à l'arrach et du court en
aout), je me présente plutôt gaillard 1 semaine avant le
départ.
Cobaye depuis juin avec une trentaine d'autres coureurs,
je me plie aux tests divers dès le mercredi matin. Je
rentre dans la course tout doucement à l'occasion d'une
rando famille qui me permettra d'échanger 5 minutes avec
le futur vainqueur extra-terrestre du gr20. Kilian Jornet
semble sans pression et bien ouvert à toutes discussions,
il me souhaite bonne chance. 150 puls maxi a dit le
Monsieur, mais dès le début je dépasse de 2-3 puls cette
limite. Je suis avec le t1000 qui n'est pas dans un bon
jour, je le sens tout de suite car je reste au contact, ce
qui n'est pas normal.
Voza ne laisse pas de trace et la descente sur
saint-gervais non plus à la différence de 2007. Ras à
Saint -Gervais sauf le saucisson trop gras à bannir
désormais en début de course. Je ne vole pas mais garde
mon rang sur les 3 domaines (montée-descente et plat) ce
qui est de bonne augure.
Avant la Balme; je rejoins T1000 qui se ressent d'une
douleur à la jambe droite. Il n'est pas au mieux et parle
déjà d'abandon. Je lui botte le cul et il repart de la
Balme dare-dare pour me coller 15 minutes jusqu'aux
Chapieux !!
La montée se passe bien, pas de place perdue idem à la
descente dans le brouillard ou je fais la trace. Je suis
plutôt au-dessus de mes compères du moment. Aux Chapieux,
je retrouve des têtes connues, ça fait du bien et l'arrêt
ne sera pas trop long. Bip-bip fait un bout de route avec
moi avant de partir pour Courmayeur. La montée de la
Seigne est dure mais ça passe et je suis heureux de ne pas
me blesser dans le descente comme en 2007. Je me
ravitaille moyennement et sens que de ce côté, c'est
encore la galère qui se profile.
Avant d'attaquer Mont favre, je dépose littéralement
Poletti et il m'en faut pas plus pour retrouver la gnaque.
La montée se passe plutôt bien et derrière, je déroule
mais reste trop longtemps sur les ravitos.
Courmayeur au petit matin avec 15 min d'avance sur 2007,
c'est pas terrible tout de même mais je repars plus vite
et volontaire. T1000 arrête, me ravitaille, me booste et
je repars avec Bip-Bip. Les pâtes sont là à l'entrée de
l'estomac et dès la première pente du début du sentier, je
restitue tout...... Pas d'affolement; j'ai l'habitude et
la montée se fait correcte sans perdre de place. Je
ravitaille péniblement là-haut hélas. Je double mais perds
tout mon crédit dans des arrêts très longs comme à Bonatti
ou Arnuva ou le changement de montre sera un bon prétexte
pour traînailler. Et déjà le Ferret, redoutable. Je ne
sais plus à quoi je tourne, compote je crois et mes rates
mais c'est laborieux. Je ne me sens pas à bout pourtant,
et la longue partie jusqu'à la Fouly est l'occasion de
gagner des places. Malheureusement, l'arrêt à la Fouly se
prolonge car je suis rapé. 20 minutes de roupillon et un
peu de nourriture avalé. .Je ne dois pas douter à Champex
car y a la famille qui m'attend de pied ferme. C'est très
long jusqu'à Praz de Fort et je retrouve avec émotion ma
petite famille. Je n'ai que 10 minutes d'avance sur 2007
alors que j'avais couru avec une entorse. Je sais que le
chrono sera décevant mais finir serait dejà une belle
récompense. J'arrive à avaler de la pizza, du raisin et je
ne sais quoi d'autre, peut-être des pâtes. Je repars
gonflé à bloc en me disant qu'il ne reste que 2 montées
dures. Bovine est là, les écarts entre concurrents sont
importants mais je double ce qui est bon pour le moral. Un
concurrent s'endort sur le bord du sentier dans la montée,
on le raisonne en lui disant qu'il vaut mieux passer de
jour ici et il finit par repartir. Trient se profile mais
je crains les Tseppes.Pourtant, j'avale une cote de porc
grillée avec une salade de riz vendue en marge du ravito
officiel qui m'ecoeure. Au moins 10 concurrents me
demanderont où on peut acheter ça mais j'ai acheté la
dernière, na!!
Je monte au ralenti en me consolant sur l'idée qu'à
Vallorcine c'est plié. J'y retrouve bip-bip. Persuadé que
la dernière montée ne peut pas être pire que Bovine et les
Tseppes, je repars très vite cette fois-ci, j'ai hâte d'en
finir. Cette montée fut un calvaire. Je manque 20 fois de
tomber tellement la fatigue est grande. Bip-Bip
m'accompagne toute la montée quasiment. Le vent est
violent là-haut et je gagne des places curieusement. La
Flégère là au loin puis l'approche de Cham par la Floria.
Je double la japonaise qui m'avait doublé à Voza. Ma
descente restera un drôle de souvenir car je lutte pour ne
pas m'endormir. Je me couche même 1 minute au bord du
chemin avant de me lever rageusement en me jurant de ne
pas recommencer car là, je m'endors pour des heures si je
mécoute. Très longue descente mais tout à une fin et Cham
est là. Je profite pleinement de cette satisfaction de
finir en me disant que c'est dejà un super truc de ouf en
34h29min et 238 ème. La ligne franchie, je pars pour 2h30
de manips en tout genre avec un memorable travail au seuil
pendant 2min 30 à 120 watts incapable de forcer. Je
finirais dans le dortoir collectif ou se mélangent les
rapatriés qui ont abandonné et les finishers.
1 mois plus tard, je gagnais ma première course à pied sur
15.3 km après avoir fini 4 ème une semaine avant en pleine
surcompensation. L'année est déjà super et le guerrier
peut se reposer un bon mois...
LUC
Alors,sacré bazar ! J'arrive jeudi dans l'après midi sur
Cham, file chercher mon dossard et vais à l'ENSA pour
l'étude sur la fatigue musculaire lors d'un Ultra pour
passer 3 heures de tests. Prise de sang, respirer un air
enrichi en CO, test sur vélo à 50 % VO2max, .....et ......
tests de contractions maximales jambe droite sanglée au
cours de laquelle ils envoient un courant électrique pour
surexciter le muscle. Bref pas mal le soir ni le
lendemain.
Seulement moins de 24 heures après, le départ de L'UTMB
est donné. Au bout de 2 h, petite pointe du côté de la
patte d'oie de la jambe droite, 4 heures plus tard,
presque plus possible de tendre la jambe droite en montée.
Les descentes se passent bien mais à chaque fois qu'il
faut monter, la chaine postérieure de la jambe droite est
contracturée. Je compense avec la jambe gauche, sur une
course de 60 km, ça passe mais sur 166 km, pas question
donc pliage à Courmayeur après 77 km et + 4200 m, pas plus
déçu que ça puisque la responsabilité en revient à ces
impulsions électriques ou les contractions maximales qui
auraient eu besoin de plus de 48 heures pour être
digérées. Nico les avaient eues le mardi et n'a rien
ressenti le jour de la course.
Pour en avoir parlé avec le staff de l'étude, je serais le
seul en avoir pâti... mais les conclusions sont claires,
j'ai la jambe droite courbaturée au niveau du mollet et de
la patte d'oie et la jambe gauche n'a rien...
Voilà...
LUC
La météo n'a pas été de la partie cette année, grosses
averses en altitude et refroidissement plus que
sensible. La TDS a été annulée et remplacée par la
seconde partie de l'UTMB avec un départ à 10 h le samedi
matin. Nous nous retrouvons tous à Courmayeur pour ce
départ, ce n'est pas le parcours que nous voulions
courir mais, les éléments en ont décidé autrement...
Pour éviter les bouchons dans la montée de Bertone, il
faut partir vite, je passe dans les 60 premiers à
Bertone. Pas de bouchon mais une météo de merde sur la
Suisse, pluie, vent et froid, va me gonfler. Très froid
au Ferret...
Nico arrive à Champex quand j'allais repartir, je reste
un peu plus pour discuter. On arrive ensemble à Trient
mais à Vallorcine, j'aperçois Nico qui arrive quand je
pars, je décide de marcher pour qu'il rentre et qu'on
finisse ensemble ( je l'appelle au portable mais il ne
répond pas). Il ne rentrera pas, je monte la tête aux
vents pas trop mal et finit en trombe dans la dernière
descente et dans les rues de Chamonix en 13 h 56 à la 68
ième place. Nico et Isa arrivent après 30 et 55 minutes,
Michèle, Chantal et Patrice sur le matin.
Je ne reviendrai sur l'UTMB que pour une TDS ou une PTL,
le parcours de l'UTMB est décidément trop roulant, la
Montagn'hard m'a au moins fait comprendre ça !
NICO
Voilà une édition qui ne restera pas dans les Annales,
c'est sûr. Pas assez long pour rentrer dans la suprême
dimension, vous savez celle dans laquelle on quitte la
planète trail pour rentrer dans celle de l'ultra. Le
seul avantage de cette Courm-Cham est de faire vite une
portion de l'utmb qu'on aborde avec 70km dans les
pattes.
Départ rapide comme le signale T1000 mais mon temps de
chauffe et la pente prononcée fait que je suis vite dans
le rouge en trottinant. le début des lacets permet de
jauger la forme du jour: elle est bonne. Tout passe
super vite, Bertone, Bonatti déjà là, Arnuva même le
Ferret me semble super court. En haut, je suis frais et
part comme une balle dans la descente. 15 places de
gagnées jusqu'à la Fouly. Déjà Issert et ça court
toujours mais le différenciel avec les autres est moins
grand. Je suis dans le rythme dans Champex où commence
vraiment la course comme d'hab. J'y retrouve T1000 qui a
fini son ravito. Il reste quelques minutes puis file
devant , persuadé que je le reprendrai en courant
jusqu'au pied de Bovine. Je pars en effet en courant
mais trouve très long l'approche de Bovine où je
n'arrive pas à courir. Bonne montée et j'aperçois Lucho
2 min devant, on fait un bout ensemble jusqu'à Trient
d'où il repart avant moi car lui c'est ravito-express.
La montée des Tseppes est dure et je ne reverrai plus
T1000 qui navigue quelques minutes devant. Je ne perds
pas de places mais commence à avancer à l'économie. Je
crains la tête au vent, si on m'avait dit en 2009 que je
referais cette montée en 2010 en course, j'aurais
rigolé!! Arrêt qui dure à Vallorcine où je vois passer
beaucoup de concurrents devant moi. Le col des Montets
est très long, j'aurais aimé attaquer tout de suite
cette tête au vent. Voilà, elle se présente enfin. Rien
à voir avec 2009, le rythme est bon même si je perds une
place. La Flégère où je reste peu et une descente rapide
pour se maintenir dans les 100.
85 ème à l'arrivée et une récup ultra-rapide comme après
la Montagnhard. Imaginez, cette dernière fait 31 km de
plus mais j'y ai mis près de 20h de plus qu'à cette
Courm-Cham!!!!!!!!!!
PATRICE
Ce trail est le plus long de ma carrière. Je ne suis pas
du tout inquiet, juste déjà un peu fatigué sans avoir
couru un seul mètre. Mon départ est assez rapide,
puisque je me retrouve 389 ème au col Ferret, en short,
les cuisses glacées.
Dès le début de la descente, mon genou gauche me
taquine, je ralentis, mais je sais déjà que cette
douleur ne me lâchera plus dans les descentes. Le bitume
vers la Fouly n'arrange rien. Les montées me soulagent,
mais la descente de Bovine est fatale, la douleur est
forte et je m'appuie brutalement sur un bâton raidlight
qui plie et casse. Je n'ai plus que 3 appuis: un bâton
qui plie, une jambe blessée,une jambe valide; le moral
,dans la nuit humide vient de descendre de quelques
marches. A Trient ,impossible de trouver un bâton ,mème
à l'infirmerie où tous les coureurs qui abandonnent
couraient sans. Obsédé par ce seul souci qui prend tout
mon temps ,j'oublie de me nourrir correctement.
Logiquement, je commence aussi à peiner dans les
montées, quant aux descentes qui vont se succéder, ce
sera de Charibe en Sylla. La deuxième jambe ne supporte
pas de travailler pour deux .Je continue pour voir ce
qu'il y a au fond du trou ce jour là. Ce n'est pas si
souvent que l'on peut explorer ces endroits obscurs ,en
principe sans craindre d'y moisir trop longtemps . Le
trou est un drôle d'endroit , je préfère y rester que
d'en sortir sinon je serai obligé de revenir.
Je suis d'accord de broyer du noir plusieurs heures
encore . Il n'est pas possible de s'échapper dans des
beaux rêves en pleine douleur . Éviter une blessure plus
grave est à présent mon seul objectif , finir en
limitant les dégâts me va bien. 540 coureurs m'ont
dépassé depuis le col Ferret, et, jusqu'à la fin ,chaque
fois que l'un d'entre eux me dépassait en galopant dans
les descentes, je me disais "mais qu est-ce qui fout là
celui là " traduire : il devrait être bien loin devant.
épilogue :j'ai fini accueilli par mes amis et ma femme
en jurant bien qu'on ne m'y reprendrait plus jusqu'à la
prochaine fois.
CHANTAL
Je tenais à remercier Florence et Luc Desplanches pour
m'avoir fait découvrir le Trail en 2006 et depuis je
vais d'aventure en aventure, et cette TDS 2010 en était
une!!!!!!!!!
D'ailleurs la TDS n'a jamais commencé; les coureurs ont
attendu dans la salle de sport de Courmayeur. Pour ma
part , j'étais mieux que Luc sur mon matelas gonflable ,
gentillement prêté par Cyrille Gardet (Espoir Junior)
qui m'avait accompagné en voiture avec ses parents sur
Courmayeur. Donc j'ai pu dormir de 3h à 6 h du matin
dans la nuit de vendredi à samedi , en espérant que l'on
puisse utiliser nos baskets, car les organisateurs de
l'UTMB qui venait d'être annulé réfléchissaient sur une
course unique pour les coureurs qui le souhaitaient.
Ouf! Nous partons donc le samedi à 10h avec 1200
coureurs , 89 km et 5400m de dénivellé Du départ jusqu'à
Trient, je peux dire que cette année j'étais en forme,
surtout avec l'entraînement que nous avions fait avec
Michèle et Patrice Flage dans des décors de rêve en
Oisans! Donc j'arrive à Trient, où j'ai quand même
sommeil, je dors 45 minutes sur un banc en me disant
dans ma tête que le réveil doit sonner ! Là, je verrai
Michèle, qui repartira avant moi.
Ici commencera le cou de fatigue "terrible" avec
vomissement en pleine forêt, un coureur m'interpelle et
me demande "si il peut m'aider?", je ne refuse pas, et
me force à manger un gel énergétique, dégueulasse, mais
quand on est dans cet état, on apprécie plus rien, hein
Nico, tu en sais quelque chose ! Bon , enfin, je fais
l'effort de repartir avec "César" qui vient de Nouvelle
-Zélande.
Tout doucement l'organisme se remet de cette défaillance
énergétique et grace à "César" le moral revient et nous
enchaînons les kilomètres ensemble. Je retrouve Patrice
sur les hauteurs du massif des Aiguilles rouges, bien
usé par sa douleur au genou et l'absence d'un bâton
(cassé), le pauvre! Ca va être dur pour lui. Nous
plongeons dans la descente finale sur Chamonix, le
Mont-Blanc prend ses belles couleurs au lever du jour et
je fais un rapide tour panoramique à César sur les
sommets qui nous illuminent!! La fin de cette aventure
arrive, il est bientôt 8h du matin, Chamonix est calme,
mais nous franchissons la ligne d'arrivée ensemble et je
remercie encore César pour son aide! Isabelle est là, et
sa performance ne m'étonne pas, bravo Isa!!!!!!!!!!!
ISA
Fin Août 2010 me voilà à nouveau au milieu de tous ces
gens bizarres qui se rassemblent tous les ans à
Chamonix… Inscrite sur la TDS, une course sur laquelle
j’ai pris beaucoup de plaisir l’année dernière, mais
problème cette année la motivation n’est pas vraiment au
rendez-vous. Après mon échec en corse début juillet,
beaucoup de doutes se sont installés dans ma tête. Ai-je
encore envie de courir ???
Tout le monde est là : l’équipe ptl de 2008, Chantal,
Nico, Patrice… alors j’oublie mes petits soucis et je me
prépare sans stress, rien que pour le plaisir d’aller
courir. Mais cette année, rien ne se passe comme prévu.
Départ reporté puis annulé et enfin une proposition de
course de repli. Quand Pat me réveille samedi matin pour
m’annoncer la nouvelle, ma 1ère réaction a été : « je
n’y vais pas, je n’aime pas le parcours proposé »
Michèle me demande à nouveau ; et là je me suis dis que
c’était dommage de ne pas participer à ce nouveau défi
avec les copains. En 2 mn chrono, j’étais prête à
prendre le bus pour Courmayeur. Plus on s’approche du
départ, plus l’envie revient. Dans la zone de départ, je
me retrouve seule, Luc et Nico jouent les vedettes en
1ère ligne alors que les autres papotent en fin de
peleton. Je me concentre sur ma course… ça part à un bon
rythme et curieusement, j’arrive à suivre.
Une première montée sur Bertone de fou, je me dis que je
suis partie pour ne rien gérer ; je ne me limite pas. Je
cherche à me faire plaisir et m…..si ça casse dans
quelques heures. Au refuge, on m’annonce que je suis pas
mal classée… Ok mais aujourd’hui, je cours pour me faire
plaisir. La météo n’est pas top, il fait froid dans le
Ferret mais les conditions difficiles, j’adore. Descente
du Ferret ça déroule, on me laisse passer, les jambes
tiennent super bien.
Mais voilà, on arrive dans la partie que je n’aime
vraiment pas : il faut courir, on n’est plus vraiment en
montagne… La Fouly, l’assistance de certains et
certaines coureuses commencent à m’agacer. Ils et elles
ne font pas la même épreuve que nous. Le règlement
devrait être plus précis et permettre aux bénévoles de
réellement intervenir. Quand certains teams occupent une
table entière pour permettre à leur coureur de se
ravitailler et de se changer de manière rapide et
efficace !!! Pour nous petit coureur solitaire, il nous
reste le bout table et peut-être un bout de banc pour
s’assoir. Ma douleur au genou (cf partie goudronnée) est
de plus en plus présente. Je gère comme je peux : la
boîte à douleur, la musique… Je ne veux pas arrêter, je
connais cette douleur et j’ai déjà abandonné 2 fois avec
elle : utmb et gr73
Le chemin des champignons me redonne envie de
m’accrocher, on approche de Champex et les parties
roulantes vont disparaître. On m’annonce 5ème féminine.
Départ de Champex, je recours mais la piste forestière
en descente va vite me calmer. Il faut à nouveau piocher
pour ne pas abandonner. Je ne peux pas résister aux
filles qui reviennent sur moi. Mais Bovine va remettre
les choses en place…
Malheureusement, la descente sur Trient réveille cette
maudite douleur, je m’accroche mais je pense déjà à la
dernière descente sur Chamonix ; ça va faire mal. Trient
encore un ravito qui énerve tant les teams ne jouent pas
le jeu. Je repars accompagnée d’une coureuse de l’UTMB
qui n’a pas repris le départ. Tout en discutant, le
moral revient, au moment où je la lâche je m’aperçois
que les filles qui me précédent sont en train de craquer
dans la montée. Et voilà la machine est relancée, je
prends du plaisir à monter dans les tours sans me
soucier de ce qui peut arriver après. Arrivée à
Vallorcine de mauvaises images réapparaissent en effet
lors de mon passage avec l’UTMB cela avait été le début
des galères et des hallucinations… Mais en montant sur
le col, je me souviens des bons moments d’euphorie vécus
lors de la PTL. Une fois dans la montée à la tête au
vent, je suis sûre de terminer. Je ne sais pas où j’en
suis dans le classement mais peu importe. Un dernier
ravito à la Flégère avec des bénévoles super sympas et
voilà la dernière ligne droite s’enclenche. Lors de la
descente, mon genou n’est plus qu’une douleur ; je vais
même jusqu’à déplacer ce seuil de douleur pour que quand
je ralentis j’ai l’impression d’avoir moins mal !!! Un
dernier petit gel pour le finish. Et enfin les rues de
Chamonix, j’accélère ; c’est toujours pareil on ne sent
plus rien… Dans le dernier virage, j’aperçois Florence,
Maxime et Pierre. C’est vraiment le top, d’habitude
j’arrive seule. Les jeunes font la dernière boucle avec
moi. A l’arrivée, Maud, Luc, Nico, Marie et Myriam sont
là et je peux partager ce bon moment avec eux. Une
petite pensée à Michèle, Pat et Chantal qui sont encore
sur le terrain, on viendra les accueillir au petit
matin.
Merci à tous pour m’avoir amenée jusqu’au départ, sans
vous je crois que je n’aurais pas remis de dossard cette
fin d’été.
MICHELE
Tous les CR sont rendus, sauf le mien, et magie PTL
oblige, celui d’Isa me ramène à mon clavier.
Après le Nivolet Revard et la Montagn’hard, j’ai
abandonné le mode « Bottes de Sept lieux », du planing
précédent, qui m’ont fait sauter malgré moi du Km0 au
km49 et au km120, pour un petit pas de 37km, la Frison
Roche, objectif intermédiaire réussi car plus en rapport
avec ma forme du moment. Décidée à partir cool, çà s’est
révélé payant dès la grimpée de la Roche Parstire
franchie sans souffrance et une fin de parcours à partir
du Lac de St Guérin, bien rythmée, en bonne compagnie de
Patrice, constante positive de l’année, pour une arrivée
ensemble. L’exception dans cette année désordonnée.
Et l’apothéose de la saison, question imprévus et test
d’adaptabilité aux changements, la TDS !
Un premier SMS de l’organisation, le vendredi à 5H33 :
UTMB CCC TDS Attention météo prévue pluie vent froid
Prévoyez le matériel nécessaire. Départ prévu : minuit…
Un retard est annoncé, alors que nous sommes installés
dans le bus de 21H en partance pour Courmayeur, blindés
mais alourdis de réserves énergétiques à l’intérieur,(
sous forme de régime hyper glucidique depuis 3 jours),
et/ou à l’extérieur, avec un sac plein de sandwiches,
litres de coca, gels… , en prévision d’une course alpine
peu ravitaillée.
Il faut libérer le bus, et rejoindre la salle, avec
installation dans un premier temps sur des lits de
camps, qu’on nous demandera de plier pour des raisons de
sécurité, en vue de l’afflue des rapatriés de l’UTMB et
de la CCC, pris dans le mauvais temps. L’heure est, à
essayer de dormir, sur le sol, oreilles et yeux bouchés,
pour assurer les changements d’objectifs au fur et à
mesure des infos.
L’antenne de Courmayeur, Luc, nous dit qu’il pleut des
cordes sur place. A 22H25, un deuxième SMS, TDS départ
reporté d’au moins 3H. Il se dit qu’elle pourrait partir
à 5H. Puis c’est annulé avec une très vague possibilité
de course de substitution le lendemain à laquelle nous
attachons peu d’attention. Nous rejoignons le self pour
une soupe, et rencontrons les copains de l’UTMB, très
déçus.de leur arrêt forcé après une vingtaine de km de
course. Nous retournons aux voitures, collées sur le
parking, c’est fichu, Isa éteint son portable et
Geneviève veillera le restant de la nuit en tentant de
s’adapter à son siège.
A peine allongés, mon portable sonne, c’est Luc qui nous
informe qu’une course partira le lendemain à 10H. Les
filles de la voiture d’à côté sont aussitôt prévenus par
téléphone, car « it rains cats and dogs », comme disent
nos amis anglais qui en ont sûrement marre de ne voir
tomber que de la pluie, et c’est Geneviève qui récupère
le message, mais le message se perdra dans le dédale de
ses rêves.
Un SMS suit à 2H06, TDS UTMB départ commun samedi 28
10H. Parcours Courmayeur Champex Chamonix. Bus à partir
de 6H30 Centre sportif Chamonix Les corps se sont
abandonnés au sommeil et brutalement réveillée, je
constate qu’il est 6H37, et qu’un SMS a vu le jour à
5H06, UTMB TDS Cause annulation CCC et rapatriement
coureurs, départ bus Courmayeur limite 1000.
C’est le branlebas de combat. Les décisions des filles
se font sous réflexe, et nous nous donnons deux minutes
pour décider, enfiler les baskets, ou pisser, ou se
réveiller ou boire son café, ou rassembler ses affaires,
que sais-je ? Isa est prête à partir, Geneviève déclare
forfait. Embarquement immédiat, on a de la chance, le
compte des 1000 n’est pas encore atteint. A Courmayeur,
la queue au café fait un quasi tour de gymnase. Je
renonce donc à mon starter préféré en regrettant les
grands espaces entre les coureurs de la première édition
de l’UTMB. Le parcours est évoqué, la question du
passage ou non par la tête de la Tronche, est posée. Je
commence à me rendre compte qu’on va faire une deuxième
partie d’UTMB, au pied levé. C’est d’ailleurs l’heure
habituelle, avec la fatigue d’une nuit à damiers, la
musique, la banderole et des rayons de soleil qui nous
mettent en short et je me retrouve avec Pat sur ce
départ, c’est vraiment super d’autant que lui s’était
inscrit sur le TMB cette année, mais n’a pas été tiré au
sort. Cette course c’est une révision. Un UTMB sans le
vouloir. Il y a même des amis venus de Digne pour faire
vrai.
Queue continue dans la montée transpirante de Bertone,
s’aérant sur le haut, un arc en ciel sur le sentier
balcon qui mène à Arnuva, que j’aurais bien troqué
contre un café léger et bien chaud pour détendre les
boyaux malmenés par ces impondérables. Là il y a Patrice
de Cruet, fidèle à son poste qui prévient du changement
brutal de temps sur le Grand Col Ferret. Exact, les
cuisses deviennent violettes sous la pluie et le vent
glacé, et c’est le début d’une glaise partie qui ne fera
que s’aggraver, avec pour point d’orgue la grande
glissade de Catogne. Le coup de mou me prend dans la
montée du Col et me lâchera brutalement à Vallorcine, en
recontactant la douce joie de courir vite, le corps
allégé, jusqu’à l’arrivée. Entre temps la fatigue
profonde empêche la relance, pas envie de courir, mais
pas sommeil pour une fois. Je vais retrouver la
compagnie de Pat pour rejoindre la Fouly, puis, Champex,
Bovine et la descente de Trient où j’entends son bâton
qui casse. (Bien sur que çà fait un bruit !) .
Les arguments du lobby anti ultra s’installent dans mon
moral vacillant : Je promets de ne pas m’inscrire sur un
ultra la saison prochaine, en tout cas à l’avance,
preuve que je ne suis pas tout à fait morte. Puis suit
une réunion amicale improvisée à Vallorcine, Chantal qui
s’installe sur un banc pour dormir, Pascale qui ne
s’entend plus avec son estomac, Patrice dont le genou
n’a pas aimé la descente mais qui domine la situation
désormais, Jean-Pierre le seul propre, qui a déjà fait
le parcours la veille à la CCC. Un petit déjeuner
composé de thé chaud et de gâteaux aux pépites de
chocolat succulents, dont je squatte le paquet un moment
assise par terre, me remet sur pieds, preuve des
bienfaits d’une alimentation naturelle.
La patience a payé, il était temps, au bout de 75km
d’échauffement, je retrouve l’envie de courir et c’est
partie à fond pour le Col des Montets, puis la Tête aux
Vents. Avec le lever du jour, je commence à inventorier
les petites courses sympas pour l’an prochain, comme le
tour de l’Oisans, la TDS, et un regard mélancolique sur
la PTL, consciente que les biscuits secs ne suffiront
plus, mais c’est plutôt bon de rêver un peu, il en
sortira toujours quelque chose … Le CR se termine avec
un entrainement Mercredi avec Isa. On s’est vu au départ
et retrouvé le lendemain comme à la TDS, pour se
raconter les détails qui se sont passés entre temps.
C’est la perfection, la victoire de l’esprit sur le
corps. Même plus besoin de la rattraper.
LUC
Après 5 tentatives dont 3 réussies sur l'EB, j'avais envie
de changer un peu et d'aller voir la course la plus
"montagne" du groupe UTMB. Un tirage au sort favorable
pour Nico et moi fait que nous nous retrouvons à 1800 sur
la ligne de départ.
Mauvais temps annoncé sur la France, pas de Passeur de
Pralognan, et merde !
Départ poussiéreux jusqu'à Chécroui puis le peloton
d'étire jusqu'à Miage. Je suis dans mon élément dans les
Chavannes et double pas mal de concurrents qui ont déjà du
mal dans les rochers.
Mais alors au col, quelle horreur, 9 km de descente sur
une piste 4x4 avec un d- ridicule. Il faut allonger comme
un marathonien...
L'organisation aurait pu nous faire passer par le Mont
Fortin pour rejoindre le pied du Petit Saint Bernard, mais
non, une autoroute à la place !
La suite jusqu'à Bourg Saint Maurice est également bien
roulante. Une grosse averse au col bien froide calmera pas
mal de monde. J'arrive à BSM après Nico qui m'a doublé sur
la remontée au col du Saint Bernard. C'est sûr, c'est un
terrain pour lui !
Après BSM, une montée raide en plein cagnard fait mal mais
alors la route après et l'arrivée misérable au Cormet par
la route achève cette édition 2018 de la TDS. Quelle
misère ce tracé !
Les ravitos sont très bien, beaucoup de choses à manger.
Après le Cormet, c'est un peu plus "montagne" mais c'est
la grêle qui s'en mèle rendant le sentier boueux à
souhait...
Jusqu'au col du Joly ainsi qu'autour du col du Tricot, le
terrain est intéressant mais ailleurs, c'est pas folichon.
Je terminerai cette course dans le dur, usé par ces
portions "roulantes" qui n'en finissent pas. Une 155 ème
place sur 1799. Une veste finisher et zou, nous rentrons,
bien décidé, pour ma part, à ne plus y revenir mais
retourner voir les cailloux de Belledonne.