Découverte à l'automne de ce nouvel ultra prometteur: terrain
technique, longue distance, gros dénivelé...
Bref me voici pré-inscrit. Finalement, ce ne sera pas le plus
dur....de s'inscrire.
Je laisse tout reposer jusqu'aux premiers repérages avec, quand
même, une participation au GR73 et à la Montagn'hard 107. Les
repérages commencent avec une prétendante au podium féminin bien
connue ici. Et là, on rentre dans le vif du sujet. Je n'étais pas
venu depuis longtemps dans Belledonne et j'avais oublié comme le
terrain est cassant et la progression lente. Bref après 5 journées
de repérages, j'ose espérer un temps entre 35 et 40 h, mais je ne
suis certain de rien.
Tout va très vite, on se retrouve sur la ligne avec Michèle,
Chantal, Nico, Isa, Patrice, mon pacer. Une très bonne météo est
annoncée ( je pense ne pas avoir pris le départ si elle avait été
mauvaise). 618 inscrits, 500 partants pour le solo. Je pars assez
bien, j'ai de bonnes sensations mais comme à la Montagn'hard, je
trouve que beaucoup ne savent pas du tout gérer leur effort. Et ça
ne rate pas, au bout de 25/30 km, les premières défaillances. Je
remonte des places...La montée à la croix de Belledonnese déroule
bien, j'aperçois Nico à la descente, il n'a pas fini sa montée, il
doit y avoir un gros 1/4 d'heure entre nous. Les jambes commencent à
devenir dures mais tout est normal. Le col de Freydane est avalé, la
descente choisie est un poil technique, il ne faut pas tomber... Le
ciel se bouche pour l'arrivée à Jean Collet, je m'arrête un moment
car je ne suis pas au top au niveau digestif. Départ pour la Mine de
Fer, un champ de cailloux passé le col, il faut faire bien attention
où les pieds se posent. L'équilibre précaire vitesse de
progression/état digestif me laisse avancer pas si mal mais je mange
plus rien, envie de rien, il faudrait que je me pose un moment, ça
attendra le FDF...
Le col de la Vache passe pas si mal et c'est l'arrivée au FDF après
une descente bien cassante. J'arrive en 12 h 30, bien entamé, avec
Pierre qui est venu à ma rencontre. Jacques et Cédric sont là aussi,
je refais les niveaux en discutant mais, j'ai du mal à avaler
l'assiette de pâtes. Il ne faut pas s'éterniser et nous partons,
Cédric, Jacques et moi. Je monte régulièrement au train et à
l'arrivée à la Grande Valloire, il faut sortir la frontale. On
quitte Jacques qui va faire l'assistance aux suivants et on
s'enfonce dans la nuit. Des coureurs du relais nous passent comme
des avions. Au Gleyzin, on prend notre temps car il y a maintenant
20 km sans ravito. En repartant, nous croisons Pierre André qui
s'est blessé et qui abandonnera là. Cédric n'est pas au mieux, il a
du mal à suivre et je lui propose rapidement de bien réfléchir car
une fois de l'autre côté de Moretan, pour plier, ce sera très dur.
Il réfléchit 5 minutes puis me dit qu'il rentre au Gleyzin. Je suis
mitigé, d'un côté c'est bien plus sûr pour lui et de l'autre, purée,
je n'aurai eu un pacer que pendant 4 h...
Je monte Moretan seul, à bon rythme. En haut, je mange après m'être
habillé car il fait frais. On m'annonce 25 ième solo. Les bénévoles
sont supers. Redémarrage, plutôt dégringolage dans la descente de
Moretan. Dangereuse à souhait avec son névé glacé et son sentier
bien glissant et absent. Pas de chute, pas de bobo, un ravito en
chocolat chaud sauvage salvateur vers le milieu de la descente. Les
bénévoles ont même monté des tentes pour se reposer, je n'en ai pas
besoin, je file. Cette descente est interminable puis, c'est la
montée vers Super Collet. Comme pour Moretan, je monte au train, je
me fais doubler mais je m'en fous. Je ne sais pas si ce sont des
relais ou des solos, l'important est de focaliser sur ma course, pas
sur celle des autres. J'arrive à 6 h pile poil à Super Collet, au
moins c'est ponctuel ! Les bénévoles ont un coup de moins bien, ils
ne sont pas très actifs mais ils viennent de passer une nuit
blanche, c'est normal. Je reste 10 minutes puis je repars, le
terrain suivant est connu jusqu'au refuge des Férices. Je ne suis
pas trop mal, comme à chaque fois que j'ai pu manger en fait. Le
rythme baisse lorsque je suis loin du ravitaillement, il faudrait
que je m'arrête pour m'alimenter mais j'ai beaucoup de mal. Entre le
refuge et les crêtes, deux coureurs sont en perdition, un relais et
un solo, ils sont à l'arrêt, ça va être très long pour eux...
Les crêtes des Férices sont interminables, j'arrive bien cassé à Val
Pelouse. Les accompagnants font trop de bruit, je ravitaille et je
me barre. Nous sommes tout un petit groupe et je n'aime pas ça. Je
me mets à la fin et je les laisse filer. J'ai envie d'être seul.
Jusqu'au Grand Cucheron, c'est long mais dans la forêt, je retrouve
Maxime qui attend avec un Orangina à la main. Très bien, ça va
m'aider de parler un peu car, comme mon portable a eu sa batterie
vidée chez Cédric, je n'ai aucune nouvelle. Je sais qu'Isa a doublé
Nico qui lui, a dû s'arrêter car plus de piles dans sa frontale.
Michèle et Patrice ont abandonné à FDF. Pas de news de Chantal. Au
dernier ravito, il y a Florence mais je ne m'arrête pas longtemps
car le roadbook annonce 13 km et 177 m +. Il y aura 19 km et 550 m
+. A ce moment de la course, c'est vraiment une mauvaise blague.
Dans la forêt, je me fais déposer par 4 solos, mais déposer. Ils
vont deux fois plus vite que moi. Je ne sais que penser, je
continue. Arrivé sur la route, je peux courir et que vois-je ? 2 des
solos turbo à l'arrêt, c'est moi qui les dépose maintenant. Je suis
content mais la suite sera encore meilleure puisque les 2 autres
sont aussi à l'arrêt et je les passe sans difficulté. Cette route
finale est bien chiante, longue, j'ai le dessous de l'avant pied qui
doit avoir des ampoules, ça commence à bien faire mal. Je franchis
la ligne en 36 h 28 en 23 ième position. Je suis bien crevé et
heureux d'avoir terminé ce truc de fous. Les GPS annoncent 150 km au
moins et 11 500 m +. Nico arrivera 3 heures plus tard suivi de peu
d'Isa. Tous les amis sont là, finishers ou pas, c'est un bon
moment...
CR Nico
Ya quoi au programme 2013 ?
UT4M ou échappée belle.
La première s'annonce chiante dans les liaisons entre les massifs
mais la date est plus sympa pour la météo.La seconde s'annonce plus
sauvage mais le week-end de l'UTMB c'est pluie 2 ans sur 3.
Luc finit par me convaincre que l'échappée belle est celle qu'il
faut choisir.
L'année 2013 démarre avec beaucoup de fatigue suite à la saison de
ski de fond et la première blessure accompagnée de ses doutes ne
tarde pas. Le 100 km de Crest relance la saison avant une nouvelle
blessure fin juin et un ice trail tarentaise bien compliqué. Les
vacances bretonnes sont là avec ses excès culinaires.Mais là,
surprise. De retour de Bretagne les recos par Prapoutel se passent
dans une forme incroyable et je me prends à espérer un ultra plein.
Je suis bien dans les premiers kilos mais tout le monde va si vite.
Je m'économise, Isa est là à ma hauteur entourée d'une garde
rapprochée de mâles trop fiers d'accompagner une nana qui va aussi
vite qu'eux.J'avance à une vitesse correcte mais à la Pra
l'alimentation ne passe pas. Je suis énervé par l'absence de
quartiers d'orange promis par l'organisation.
Isabelle me dépasse dans la croix de Belledonne, elle vole mais je
sais la course très longue. Je ne vois pas Luc mais Daniel Boebion
m'indique un petit quart d'heure.
Je passe Freydane bien mal en point et ne parviens pas à recharger à
Jean Collet. J'avance à petit rythme en perdant des places mais ça
peut revenir. Des crampes aux cuisses, c'est clair, l'eau ne passe
pas. Pas de la Coche où je me fais offrir un verre de coca et 3
fraises tagada (paraît qu'il y a de la malto dedans).Un peu avant,
une fille relais m'a filé un sportenine et de l'homéopathie.
30 minutes de folie dans la vache, je file bon train et double puis
la descente et à nouveau la jauge au plus bas. Pierre est là et dans
ma tête, j'ai prévu un arrêt d'une heure. Je ne connais pas la suite
mais sais que se sera l'horreur. J'arrive à manger, ouf, et je
m'allonge 20 minutes pour faciliter ma digestion.
Gleysins se passe bien et je repars avec 3 Marseillais dans Moretan.
Il ne faut pas lever la tête car c'est impressionnant les lumières
des frontales de ceux de devant. Cédric ? Que fais-tu là ? "Il va
trop vite, je rentre".
Et beh...J'estime mon retard à 2h sur Luc et 1 heure sur Isa. Enfin
le sommet. J'ai changé mes piles dans la montée et mon éclairage est
déjà faible, comment ça se fait ?
Je pars dans la descente passe le névé glacé puis plus rien, le
noir. Je descends pas à pas avec la lumière d'un concurrent derrière
moi mais mon ombre masque le relief. Je tombe sans gravité plusieurs
fois et change d'éclaireur pour ne pas trop les pénaliser. Ils
seront 4 à m'aider jusqu'aux tentes salvatrices. Ce problème de
frontale (qui n'aurait pas dû être si seulement j'avais lu la
notice) m'a fait oublier l'alimentation et je suis au plus mal.
Il est 4h40 et je pars dormir en attendant le jour, réveil 6h30.
Je repars sur un bon rythme mais dans les montée j'avance pas très
vite. Des saucisses à super collet me relancent, je crois la course
roulante désormais. Férices me rappelle à quel point ce sera dur
mais je ne perdrai aucune place de tout le samedi. Pierre est à Val
Pelouse et me sert de pacer jusqu'au grand Cucheron. C'est vrai que
ça sert un pacer, je ne pensais pas. On double et je reprends
beaucoup de temps à Isa. Le dernier tronçon comme pour beaucoup sera
une véritable torture et l'éventualité de rattraper Isa me motive.
Elle est là sur le bitume, les jambes semblent bien en vrac mais 2
eme féminine c'est du très lourd. Que 50 concurrents devant elle et
117 derrière! On reste 10 minutes ensemble mais on finit par filer
vers la ligne qui n'arrive jamais. Maxou est là , ça sent la fin.
Ouf, c'est fini ,le top 50 ça me va, les Marseillais de Moretan,
avant mon passage à vide sont arrivés il y a 10 minutes . Je me sais
bien limité dans les ultras et finis toujours au moral mais le TOE
aura été une épreuve bien plus redoutable pour moi que cette
échappée belle. Quel sera le prochain ? Il y en aura-t-il un ?
CR Michèle
2013
Méthode et battements de cœur.
Le cœur comment ça marche ?
Il ronronne en sourdine, parfois parcours le quotidien à contrecœur, à
cours d'idée.
C'est son état normal, car il marche tout seul, sans tête.
Il faut l' entretenir, lui donner ses exercices réguliers, vitamines
et huiles de poisson.
Et si aucune idée ne vient l'éclairer, il finit par s'endormir au
risque de mourir. Moral d' hiver.
Puis tout à coup, un hurluberlu * ( c'est un genre de zibou qui se
nourrit d' ultras glanés sur le web) lance l'idée.
Après la PTL, le TOE... ce sera l' EB , et on l'aime déjà !
A partir de l' inscription, le cœur se met en phase avec la tête, et
rayonne d' énergie dans tous les sens comme une Druse d'améthyste* (
Celle que j'ai vue dans le tableau de roches multicolores du glacier
de Freydane, une merveille de petits cristaux mauves et transparents,
révélée par la fonte des névés en cette année de sécheresse 2017 ).
Les muscles des jambes piaffent au souvenir des sensations à
venir .
La méthode suit l' excitation. Les cartes du parcours imprimées
rejoignent le sac toujours prêt, avide de recos.
C' est parti pour notre binôme, en procédant par tranches de un ou
deux jours, c' est par le plus gros morceau qu'on va commencer ce
périple, à la découverte de Belledonne.
Départ de l'Arselle ( Chamrousse) au petit matin avec une visée
lointaine, sur le refuge des 7 Laux.
Ça fait un bout de temps avec Patrice, qu'on emprunte les sentiers de
montagne en longues traversées baskets aux pieds et sac léger. En
2012, on a reconnu le TOR de cette façon, et me voilà prête à retenter
le tirage au sort.
Il me reste quelques heures pour boucler ce CR de 5 ans en Belledonne
avant l' inscription 2018, car à partir de là il faudra que je me
concentre. Il y a quelques passages délicats dans la descente des
cols, FENETRE LOSON CROSATIE MALATRA et suivant la météo ça peut
craindre.
Déjà que par beau temps avec Pat, ça tordait un peu les boyaux !
Est-ce que cette première séance vaudra vaccination comme ça l'a fait
en 2016 dans les Rochers Rouges, sous la Croix de Belledonne ?
Vaccination en 2016.
Médecine douce en 2017.
(traçage en cunette au dessus des barres, lacets bien dessinés dans
Freydane et une avalanche de cordes dans Moretan).
C'est le travail des Bénévoles, leurs prénoms Daniel, Daniel, Gilbert
et d' autres comme cette gentille dame qui m'a remis sur les
rails au lac Leat.
Leur nom de famille BENEVOLUS bonne volonte, de bene, bien et velle,
vouloir. Ils forment le cadre de la course dans lequel les coureurs
évoluent en sécurité et liberté. Deux faces de la même pièce.
Nico triple finisher (comme Luc) en soutien au Habert 2017.
Idiiiote,je t'aime...Idiiiote je téème...à ma manière, à ma façon
Me voilà donc, la table de marche en main, certaine d' illustrer
d'images inoubliables ce texte abstrait, sur lequel je notai
soigneusement les temps de passage.
Ce travail essentiel m' a permis de savoir quand je pourrai être à
Fond de France.
Ça disait 20H de course.
C' est là que j'ai découvert le nœud de Belledonne ! La barrière
d' entrée de minuit, soit en 18H , était impossible à tenir pour les
plus lents comme moi.
La barrière de sortie à 4H du matin, ne posait aucun problème.
Cette fourchette obligatoire était incohérente, et a pesé dans
l'abandon 2013.
Quand je suis arrivée à FDF vers 1H 15 du matin, démobilisée depuis
les 7 Laux, où je déambulais avec une loupiote qui éclairait aussi mal
qu'une veilleuse, il y a eu un miracle mais je n'y ai pas cru.
Les bénévoles étaient bienveillants, conscients de l'effort
accompli :
« - Il n' y a pas de souci, me dit Gilbert, tu as le temps
d'ici 4H du matin ».
Douche, dodo sous la couette, gourdes de jus de fruit remplies j'étais
en apparence prête à repartir.
Patrice ayant décidé que cette première partie lui suffisait, son
pacer Jean-Claude, libre de droit était disposé à m'accompagner dans
Moretan. Un luxe que je regrettais dans l'instant de ne pas saisir,
mais la volonté était portée pâle depuis un bon moment et rien n' y
fît.
J' avais renoncé à repartir dans les Gleyzins de nuit et fatiguée,
pour une journée confortable de visite du château de Vizille, avec
restauration sur terrasse ensoleillée en compagnie de Patrice et
Chantal. Je ne regrette pas ce moment car c' était délicieux.
Pendant ce temps, le trio qui avait traîné en premier les pieds dans
la Vache, n' avait pas lâché le morceau. Isa, Luc et Nico s'
acheminaient en souffrance vers l'arrivée. On est allé les accueillir
le samedi soir à Aiguebelle.
Jeu de mémoire pour V3. Retrouver les personnes qui étaient à
l'accueil ce soir là, cinq ans plus tard et sans photos.
Les Recos, un mot qui remonte le temps, car il s'agit en fait de faire
connaissance avec le terrain, de manière conviviale si possible, et
c'est seulement le jour de la course qu'on reconnaît ce qu'on est allé
rencontrer préalablement. On a le temps.
On se heurte en douceur à la réalité du terrain tout en élaborant de
belles images souvenir.
C' est très utile et réconfortant de penser les lieux en plein jour
quand on les passe de nuit dans la course, de se rappeler les copains
aux endroits où l'on se retrouve tout seul après. Pour le Tor, il va
falloir faire un effort d'imagination car les souvenirs s'estompent et
se déforment avec le temps qui passe. 2012 ça fait un peu loin et
Malatra c'était en 2008 à la PTL.
Le Lac Luitel dans la réserve. Dernier tableau de l'épopée car la
tranche Vizille Arselle située en début de course, sera faite en
dernier, en 3H de temps.
Lac Achard au dessus de l'Arselle. Suivront les magnifiques cols de
l'Infernet et de la Botte.
Col de Lessine- Lac Robert
Vers les lacs David puis remontée sur la Pra
Refuge de la Pra 3H depuis l'Arselle.
Jour de course, dossard 221, dans le dernier raidillon de la Pra.
Henri nous y attend….
...avec une paire de chaussures hautes au cas où la cheville ne
supporterait plus la caillasse. Il tentera l'intégrale l'année
suivante.
Joli passage pour trouver les traces sous le Domenon
Les sublimes lacs Domenon
2013
En 2017 les névés seront inexistants.
2H30 bon poids pour atteindre la Croix de Belledonne depuis la Pra.
Temps facile à raccourcir. J'ai pioché dans les réserves et je fais
moins la fière. Au dessus un autochtone dont la particularité est de
connaître le passage des Rochers Rouges. Ainsi naissent les légendes.
Lac Blanc après la descente de Freydane sur glacier. L'orage nous
ayant surpris dans la montée au col avec un petit groupe de trailer,
il n'y aura pas de photos avec les essais de cape raidlight !
Vers le Refuge Jean Collet où nous avons pu avoir un peu d'eau chaude
pour la soupe, car pas de restauration possible à l'improviste. La
suite, Col de la Mine de Fer où j'ai pris une averse l'an passé.
La Brèche Fendue. La joie de gambader dans les rochers à chaque
passage.
Il est 19H, après une descente très incertaine à travers des
rhododendrons, myrtilles, points rouges et bleus éparses, le doute sur
la suite est là. Coup de fil à Isa qui est de l'autre côté :
« Mais c'est comment le col de la Vache. » Après moultes
hésitations on décommande le refuge des 7 Laux, dommage, il y a pas
mal de neige en haut et on ne connaît pas du tout. Descente sur le
Habert d'Aiguebelle. Une vieille paillasse nous est offerte pour la
nuit mais aucun vivre possible, même pas de fromage de brebis.On
poursuit sur Prapoutel, où on trouve le couvert mais nenni pour le
gîte. Ce sera à Crolles, chez Nicolas qui monte nous récupérer...
La Vache ! Le genou de Véro n'a pas aimé les 1500m de descente
Dans le torrent en amont on nous signale une carcasse de chamois.
Dorénavant filtre à eau .
Copains de cordée
Elle coule de source cette eau Jean-Claude !
Autre jour, à l'assaut de Moretan
Isa, Henri, Luc et Cédric au départ de Fond de France pour Moretan via
les Gleyzins
Refuge de l'Oule non gardé
C'est pas là...
C'est là...
Le col n'avait qu'à bien se tenir.
Depuis la Restonica trail, je devrais savoir qu'un champ de cairns ce
n'est pas fiable.
On y retournera avec Patrice, qui avec ses réflexes d'initiateur alpi,
me met aux commandes du GPS que je viens d'acheter. Il ne faut pas
compter sur les pancartes dans ce sauvage massif, foulé jusque là,
exclusivement par des initiés. Je grimpe respirant la trace GPS, qui
m'emmène plus haut que le Col. Je suis à quatre pattes et les pierres
peuvent débarouler. C'est quoi cette course !
Je le franchis enfin sous le regard amusé de Patrice qui le repère
quelques mètres plus bas.
Question sauvage, nous ne serons pas non plus déçus par les Férices.
Le sentier 2013 suivi d'un passage à gué, la passerelle n' ayant été
construite qu'en 2015 ou 2016.
Surpris par l'austérité du refuge des Férices. Nous espérions y
prendre un pot.
Le brouillard envahit le Col de la Freche un peu plus haut.Les traces
jaunes sont peu visibles.
C'est tout ce qu'il reste de Val Pelouse. Le chalet « signal
2000 » de la station ayant été déplacé au rond point d' Aiton,
c'est là que nous prendrons nos repas d'après course.
Revenir à l'Echappée Belle... Oui... Mais pourquoi ?
Parce que c'est le trail le plus technique des Alpes françaises ?
Parce que c'est un des plus « sauvages » ? Parce qu'il y a des lacs
? Parce qu'il faut s'y refrotter ?
Bref le temps de trouver une raison, j'étais inscrit pour 2014, tout
comme Nico, Michèle et Henri.
Une année de pratiques diverses en montagne, une visite à Moretan
comme piqûre de rappel, une dernière quinzaine à casser de la fibre
et nous voici sur la ligne de départ.
Les différentes offrandes à la déesse météorologique ont été
acceptées puisque seule la croix de Belledonne est shuntée pour
risque d'orage, Dans les faits, je n'aurai que quelques gouttes
insignifiantes dans le col de la Vache.
Bref, une Michèle remontée, un Nico déchaîné, un Henri introuvable
au départ et ma pomme pas très fière se tiennent sous l'arche de
départ, à 6 h du matin, la frontale prête à en découdre.
Cette année, ce sera sans bâtons, je m'étais surpris en 2013 à me
demander ce que je faisais avec dans les pierriers, un truc de moins
à porter, zou !
Pas une seule fois je ne les regretterai.
Le départ est comme tous les départs de nuit, je me concentre sur
les appuis, ce serait trop bête de se faire une cheville sur un
angle de trottoir. Nico est là, on échange quelques mots. Je ne le
reverrai pas de la course.
Je trouve que j'arrive au premier ravitaillement mieux qu'en 2013,
pas forcément chronométriquement mais physiquement. Il fait beau, le
peloton s'étire, les premiers lacs suivis des cailloux arrivent.
Le refuge de la Pra est atteint à 2 min près sur le temps de 2013.
Au départ, en apprenant le retrait de la croix, j'annonce à Cédric 1
h de moins sur les temps 2013. Cela s'avérera exact puisque je serai
à Jean Collet à 12 h 19. Grosse forme dans la descente sur le lac
blanc, je dépose tous les coureurs des alentours sauf un qui me
trace sans ménagement.
Ravitaillement express, puis départ pour la caillasse... Sont-ce les
2 gorgées d'eau froide à la fontaine en partant du refuge ou une
mauvaise digestion des bananes mais, je vais passer 2 sales heures
en semi hypo jusqu'au pas de la Coche. Je me fais doubler par 4 ou 5
coureurs et la soupe salvatrice de la Coche va me redonner du peps
pour le col de la Vache. Je ne perds plus trop de places et nous
sommes 3 à arriver en même temps au Pleynet. Ce détour par le
Pleynet est longuet mais il faut courir pour ne pas perdre trop de
temps. Les garçons sont là, ils font quelques centaines de mètres
avec moi, c'est plaisant.
Au Pleynet, il y a du monde qui est venu nous voir, c'est bien
motivant. On discute pendant que je refais les niveaux, les
changements de vêtements. Florence m'apporte des pâtes, je mange, je
bois et il faut repartir. Nico n'est pas arrivé...
Démarrage en descente, pas très joli mais ça file... Arrivé au FDF,
heureusement que je connais, petit virage sur la droite pour filer
sur la Martinette. Je cours mieux que l'année dernière, j'arrive au
pied de la montée à la grande Valloire. Le début ne se passe pas
trop mal mais la suite va être un vrai calvaire. C'est très humide,
étouffant, je ruisselle... Obligé de me tremper la tête dans les
torrents. Seule la sortie de la forêt me sauvera quelque peu. Il y a
une mer de nuages, c'est magnifique.
Je me retape un peu jusqu'au lac Léat et ça revient pas trop mal aux
Gleysins. Je ravitaille copieusement et repars dire bonjour à
Monsieur Moretan.
2 h 30 pour monter, pas top top...
Bien paumatoire la montée avec le brouillard mais mon Armytek fait
merveille, les 1000 lumens sont de la partie et je ne me perdrai
pas.
J'ai repéré la descente cette année, je sais où l'on va. Mentalement
ce sera mieux, physiquement aussi, je peux courir sur la piste
finale. La montée à Super Collet, se fera Super lentement mais
sûrement et c'est toujours avec presque 1 heure d'avance sur 2013
que je passe à Super Congélo. Jambières, buffs, gants, seconde
couche... tout est mis.
Il faut manger et … repartir.... col de Claran.... Bouillasse-land
jusqu'au pied des Férices. J'ai envie de chocolat, pourvu que les
bénévoles du refuge en aient.
Du chocolat au lait en emballage plastique transparent, d'habitude,
je ne le regarde même pas, là, je prends tout ce qu'on me donne et
j'aime. Merci les gars.
Ensuite, jusqu'à Val Pelouse, c'est un peu la grosse galère aussi,
ça tricote, ça remonte, ça remonte, ça remonte, ça remonte, puis des
vaches, un virage à gauche dans le brouillard et, Val Pelouse. Ma
femme, mes fils, de la nourriture et l'assurance de finir avec
Maxime mon second fils. Il va faire 32 km, + 1500 m et – 2700 m, il
sera calme quelques jours. De vraies myrtilles, les premières
hallucinations en forêt... le Grand Chat...
Looongue descente sur le Pontet, il est où le Pontet ? Maxime trouve
ça long, moi cela fait longtemps ! On se fait doubler et on y
arrive.
6 quartiers d'orange plus tard, on repart dans une montée bien
sévère. On sait que c'est pour 500m+, on navigue à l'altimètre. On
arrive à la fin de la montée, c'est vrai ?
Et c'est parti pour le final. J'ai les pieds en miettes mais je ne
veux pas me faire rattraper. Un coureur nous dépose, je n'ai pas eu
le temps de voir la couleur de son dossard. Je prends la roue mais
je n'arrive pas à suivre. Je ne saurai plus tard que c'est un
coureur du 85. Je cours au max des possibilités qui me restent.
C'est con, mais je ne sais même pas combien je suis mais, je ne veux
pas perdre de places.
J'arrive, tous les amis et la famille sont là. C'est bien dur de
courir avec des pieds en puzzle.
20ième en 34 h 40, content.
CR Nico
Il croyait pouvoir chasser le chrono sur une course de plus de 30
heures !!
Non mais ça va pas la tête !!
Bref, refaire l'EB dans la but d'améliorer son chrono ce n'était pas
une bonne idée et j'aurais du m'en douter.
La connaissance du parcours et son fameux Moretan est un avantage
indiscutable mais le physique et le mental restent les pièces
maîtresses de la réussite sur ce trail titanesque.
Pas de problème de préparation cette année mais toujours ces
éternels doutes sur ma capacité à m'alimenter après 5h de course.Le
GRQ en juin fut une terrible désillusion avec un arrêt au kilomètre
105 pour cause de panne de moteur (non ,c'est pas vrai, j'ai pas
vomi en sortant du ravito!).Et pourtant...
Bref, un 75 km super rassurant dans les Pyrénées en juillet et me
voilà à espérer cet ultra plein que je recherche depuis des lustres.
Beaucoup d'étirements la quinzaine précédent la course et du déniv
avec Pierre ou sans lui dans la Muzelle et environs.
Un bon repas la veille et zou , c'est parti.La mécanique marche
impec, j'ai l'impression d'aller plus vite qu'en 2013 et sans
bâtons. La stratégie ? Prendre le temps aux deux premiers ravitos et
boire davantage.Je me sens super à Arselle (il vaut mieux) et la Pra
se profile mais j'ai 5 minutes de retard sur 2013.Je prends mon
temps mais en repartant, je sens que ça plafonne en montée, bizarre,
j'ai fait tout ce qu'il faut ? Pas de croix de Belledonne, tant
mieux, je ne suis pas fan, et Freydanne sera bien compliqué, merde
ça recommence. Jean Collet est là, je me sens tout de même mieux
qu'en 2013 et l'arrêt est bien plus court.En repartant, je constate
que je suis dans le rythme.Le col de la mine de fer se passe très
bien et la Brèche fendue aussi mais derrière à nouveau la panne
sèche et beaucoup de coureurs me passent. Je n'arrive pas à
recharger avant le col de la Vache et la montée me fait très
mal.Tout autant que la longue descente jusqu'au Pleynet. J'arrive
dans un sale état, en hypoglycémie depuis des heures et l'abandon se
profile. Les soutiens sont là et c'est un réconfort de voir Marco,
François et la famille. Je pars m'allonger pour je ne sais combien
de temps...Marco trouve les mots pour me faire repartir après une
alimentation satisfaisante. Au moins une heure d'arrêt mais ce n'est
pas grave. Je repars avec Pierre mais je suis fatigué. La grande
Valloire sera mon pire moment.Interminable et raide. Gleysins, et à
nouveau un repos d'une heure derrière les bâches sans savoir si je
repars. Je réfléchis longuement car devant c'est 3h de montée qui
m'attend.
Je suis reparti et regarde ma montre tous les +100m. Le rythme est
petit mais je maintiens mon rang et double même des concurrents à
bout de force et surpris par le col. La descente, à la lumière cette
année, mais pas de repos en bas, du coup, je repars en petite foulée
, le jour se lève et une autre course commence.
C'est très dur de monter à Super Collet et tout autant sur les
crêtes de Férices. Mais mon pacer est là et même si le chrono est
mauvais, je sais que je vais finir désormais. On chasse avec Pierre,
c'est cool et la fin de la course me remplit d'endorphines pour tout
le mois de septembre. 55 ème, c'est moins bien qu'en 2013 mais plus
inquiétant, je ne souhaite plus faire d'ultra sans un véritable
diagnostic et protocole médicaux afin de ne pas recommencer ces
terribles problèmes d'alimentation. Ça ne s'améliore pas avec l'âge
visiblement....
CR Michèle
2014
Pat qui a fait la première partie en 2013, fera la deuxième en
s'attaquant à la traversée Nord, beau morceau de 85km avec au
programme, Moretan et les Férices. Pareil pour Chantal. Une intégrale
sur deux ans.
Une seule nuit à passer dehors contre deux pour l'intégrale, que
têtue, je retente cette année.
Quand au trio speed, ceux qui arrivent habituellement au moins une
demi journée avant nous, ils viendront nous accueillir le dimanche
matin frais et douchés. Besoin de guide à l'arrivée.
Pas de barrière de minuit cette année, pourtant ils en reparlent au
départ, mais je n'y crois pas.
Risque d'orages, la Croix de Belledonne annulée, ce qui arrange mon
timing.
J'arrive au Pleynet , la base remplaçante de FDF, à minuit dix,
tranquille.
Florence, Isa et Francine sont là. Les filles s'activent autour du
bénévole à l'entrée de la base, désolées pour moi de voir qu'ils ont
remis la barrière de minuit.
« -C'est bien, Madame, mais il faut rendre votre dossard.
-Vous rigolez ? ».
Et non. Je me déleste du précieux papier, me décomposant sur le champ.
Mais l'activité des filles n'a pas été sans effet. Le gars arrive,
après un appel à Florent, le GO.
« Ceux qui viennent d'arriver peuvent repartir ».
Je me recompose en vitesse avec l'aide des « Pots modèles »
, et je redescends le sentier avec Flo et Isa envahie par le sommeil.
Francine attendra Henri,mais il n'arrivera pas à franchir la barrière
à temps. Il trouvera compensation à l'arrivée sur une table de
massage..
52H22 plus tard
Le cerveau n'aime pas les nuits blanches.
« Faut ranger maintenant ! »
« Voilà, tu remercies Florent pour la barrière et on passe à
table ».
Me voici de nouveau au départ de cette superbe course. Je suis en
pleine forme, la préparation a été optimale durant cet été très
chaud.
J'ai refait la boucle Moretan / Vay avec Jacques et tout roule.
La météo du départ est impressionnante, il va faire très chaud et
grand beau. Nous passerons à la croix de Belledonne. Feu !
Départ donné...
ça part vite, je perds un bidon, dois m'arrêter le récupérer, quel
boulet !
Je passe dans les 30 au premier ravito où se trouve Daniel Boébion
qui m'encourage. Le spectacle est grandiose, la lumière
exceptionnelle. Tout va bien, je bois, je mange et j'avance. La Pra
est atteint même en avance sur les temps des années précédentes. Je
ravitaille copieusement et repars en gagnant quelques places.
Lors de ma montée à la croix, je ne croiserai pas le premier mais
tous les autres dont Emilie Leconte qui a déjà bien 30 minutes
d'avance sur moi.
Jean Collet, je ravitaille en prenant mon temps, je suis dans les
20/25, tout va bien.
Pas de coup de bambou cette année dans la mine de fer. Je mange une
soupe de pâtes à la Coche et monte à la Vache en me trempant dans
les torrents pour lutter contre cette chaleur. C'est super agréable.
L'arrivée au Pleynet est toujours aussi longue mais j'arrive pas
trop entamé. Je n'arrive pas à refaire les niveaux de
l'alimentation, l'assiette de pâtes n'arrive pas à passer alors
j'avale 4 yaourts et un diabolo menthe et file vers la suite.
La montée à la Valloire va être un vrai calvaire, mon tube digestif
fait des siennes. Je suis obligé de m'arrêter 3 fois pour vidange
gastrique mais j'ai mal au ventre, ça ne passe pas...
J'émets des doutes sur la suite, je ne peux pas manger, pas trop
boire... Je continue...Arrivé au lac Léat, on me propose de l'eau
gazeuse qui va me sauver, je me mets à transpirer à grosses gouttes
en descente, un vrai sauna !
J'ai l'impression que la digestion se fait maintenant, mais j'ai
laissé des plumes...Arrivé au Gleyzin, Maxime va faire le pacer, je
ne peux pas bâcher là avec cette météo exceptionnelle. Je dis à
Maxime qu'on continue, on verra bien...
La montée est fabuleuse avec la pleine lune et l'atmosphère pure. Je
me suis refais une santé, j'arrive à manger, c'est revenu ! Je pense
pouvoir finir !
T-shirt à Moretan en pleine nuit !
La descente sera longue mais se passe bien. Je pense que j'aurais dû
plus manger à ce moment car dans la remontée sur Super Collet, c'est
le vide absolu, le ventre coupé, les jambes vides. Obligé de
m'arrêter 4/5 fois pour m'asseoir, je n'ai plus de jus du tout. Je
ne peux plus manger, comme avant Gleyzin.
C'est un vrai calvaire pour rejoindre Super Collet.
Je décide de dormir 30 minutes pour laisser la digestion repartir.
Il n'en sera rien. Pesant le pour et le contre, je décide de rendre
mon dossard, je ne veux pas m'engager sur les 47 km restants dans
cet état, ce ne serait pas raisonnable.
J'aurai fait 95 km et 8500 m+. J'étais encore dans les 20 mais mon
état était vraiment trop critique pour continuer, il faut que la
course reste un plaisir. Ce sera sûrement pour l'année prochaine...
CR Michèle
2015 Traversée Nord en musique
Au départ. Et j'entends siffler le train toute la nuit jusqu'au matin.
A l'arrivée Quel morceau ! Y a pas quelqu'un pour shazamer ?
Traces de trail. Patrice a écrit son CR.
Pourquoi retourner dans cet enfer ? Parce qu'on aime ça
pardi !
L'échappée belle, c'est ce truc auquel vous pensez quotidiennement
dès que vous êtes inscrit et cette année, il ne fallait pas trop
tergiverser car la course fait le plein. Prépa classique en terre
bretonne avec une piqûre de 90 km fin juillet bien rassurante
suite à de long mois sans ultra.
Nous voici au départ la bande de 3 avec T1000 et Michèle. En
pleine possession de mes moyens et heureusement car bientôt, il
n'en restera pas grand-chose. Départ en dedans mais pas trop. De
toutes façons, dès que c'est raide je perds du temps sur les
autres. Passage à Arselle dans les 80, la course n'a pas encore
démarré, je prends mon temps sans plus. J'essaie de respecter le
protocole qui a bien fonctionné fin juillet à savoir 1 bidon BCAA
heure + 1 gel BCAA heure + 1 barre antioxydant heure. Il est trop
tôt pour savoir si ça fonctionnera.
Et nous voilà parti pour un marathon à + de 2000 mètres
d'altitude !!!!!!!!
La Pra, l'heure de vérité pour moi car il y a 2 ans j'avais déjà
mal aux jambes et il y a 3 ans, j'étais bien entamé. Là, il n'en
est rien et en plus je peux compter sur le soutien moral et
logistique de Marco et Gaëlle, c'est cool ; je trouve les
montées courtes et ça c'est une bonne nouvelle quand on a
l'habitude de perdre des places en bosse . D'ailleurs, je ne
perds plus de place depuis Arselle, c'est bon signe car je ne
force pas l'allure pour autant. Pic de Belledonne, déjà très
chaud.Je fais une montée correcte alors que T1000 descend avec
près de 45 min d'avance, c'est beau ça !
Jean Collet où j'arrive en manque d'eau, je ravitaille
correctement, les jambes sont pas trop détruites et déjà autour de
moi, la chaleur et le parcours font des dégâts.
Mine de fer avec Malejonock qui me distance finalement, je suis
pas mal et ne coince pas comme il y a 2 ans. Habert d'Aiguebelle,
là ,on sens que la course rentre dans le dur. Des concurrents de
partout liquéfiés sous la tente ravito ou allongés dehors en plein
cagnard. Je reste peu car difficile d'avaler quoi que ce soit. Je
gagne des places mais pas en course, c'est plutôt à la faveur des
abandons.
Col d'Aigleton, un nouveau venu qui m'avait fait rager la veille
au soir. La surenchère du d+ ! Il passe bien même si les
dernières minutes droit dans la pente sont rudes. Le col de la
Vache. Moi qui croyais le récupérer plus près du sommet... On se
tape les parties raides dans l'herbe. Je me mouille dès que l'eau
est présente, la chaleur est forte.
Ma vitesse n'est pas terrible mais elle est constante sans coup de
bambou. Dans la descente sous le lac des 7 laux, les crampes me
prennent les 2 jambes, obligé de s'arrêter pour étirer tout ça.
Elles passeront comme en 2013. Je rentre dans l'approche du
Pleynet avec la certitude de repartir ce qui n'est déjà pas si
mal. La frontale est en marche. Lucho est là, mal en point, bide
en vrac et crampes aux aguets. Je lui ai repris 20 minutes dans
l'après-midi. Je mange difficilement et peu, il faut tenir cette
nuit et après c'est sauve qui peut pour tout le monde.
La grande Valloire est dure et longue mais heureusement qu'on est
2 sur les 2 tiers de la montée, on papote et je rattrape
Malejonock dans la descente. Elle me dit qu'elle est à bout de
force et qu'elle va arrêter. Je lui réponds de prendre son temps à
Gleyzin et qu'elle verra ensuite. Je pars dormir 20 minutes car
côté bide, c'est bloqué. Au réveil, je mange peu et repars dans le
juge de paix, le monstre Moretan.
Je perds des places et n'avance plus.
Il me faut plus de repos et décide de dormir 1h au refuge de
l'Oule. Une soupe au réveil et zou. Je suis en retard et passe la
descente au petit matin. Je double
quelques concurrents qui n'ont pas dormi, notamment la 3eme
féminine et monte vers la Pierre du Carre par la nouvelle trace.
Je vais mieux et voilà Super Collet où j'assiste au départ du 47
km de Maxou. Ils sont tous là bas en train de courir sur ce
sentier large en bosse. Mary, Florence, Luc, Daniel Boébion sont
là et ça fait du bien. Maintenant, il suffit de mettre un pied
devant l'autre car les vitesses sont érodées pour tout le monde.
La chaleur revient et je fais trempette dans le torrent avant la
montée aux Férices. Très dur, vidé et je mange des bricoles au
refuge puis repars dans le dur. Les autres ne sont pas mieux et
les places sont bien fixées. Heureusement que je connais le
parcours, je ne me laisse pas surprendre par tous ces coups de cul
le long des crêtes. Hélas, pas possible de courir sur les parties
roulantes, en balcon, ça c'est pas cool. Val pelouse, ça commence
à sentir l'écurie. Le soutien moral de la famille fait du bien et
je repars doit dans la bosse. Je n'avance plus mais me dis que ça
va revenir.
Je fais une très belle montée du grand chat avant de voir débouler
Malejonock au pas de course!! Elle finira 8 places devant moi,
quelle coureuse !
Je perds des places mais compense avec les abandons aux ravitos.
La pluie s'invite dans la descente sur le Pontet. Elle me fait du
bien et rafraîchit l'organisme. Les loupiotes refont leur
apparition. Je vais finir pour la troisième fois.
Ravito express au Pontet car de toutes façons je ne peux presque
pas manger.
Il faut en finir !!
Je repars le couteau entre les dents , avale la montée mais pas la
descente interminable et ,qui plus est, transformée en savonnette
boueuse par la pluie. Un bâton me permet de me rattraper sur tous
ces appuis fuyants, je savoure ces instants rares. Finir un ultra
de plus de 40 heures, quel pied ! Les endorphines sont en
approche. Aiguebelle enfin, je me retourne, une lumière se
rapproche. Un concurrent du 87km ou du 144 ? Dans le doute,
je me mets à courir et bien m'en a pris car le 44 ème finit à une
poignée de seconde et m'aurait volé mon plaisir en me passant sur
la ligne comme si finir 43 ou 44 avait de l'importance.
Et bien si ça en a quand on est compétiteur. La passe de trois sur
cet ultra hors norme, ça suffit comme ça et une version en duo
avec T1000 se profile pour 2017 maintenant que l'on connaît tous
les cailloux, ou presque….....
CR Luc
Le mal de bide de 2015 m'avait fait plier à Super Collet alors
que j'avais de super sensations confirmées par la place à laquelle
j'évoluais même en déroute après Périoule...
D'ailleurs, cette année mes temps de passage étaient plus modestes
mais le scénario a été lui aussi différent.
Ligne de départ, Maxime nous dépose avec Nico et Michèle avant de
se rendre lui aussi au départ de sa course dans 24 h, le parcours
des Crêtes de 47 km pour ses 18 ans.
Il fait beau et chaud, je me dis qu'il va vraiment falloir
s'hydrater correctement et faire attention au bide car c'est comme
l'année dernière au niveau météo. Le départ est donné, je pars sur
mon train d'ultra et enfile le mp3 au bout de 45 min. Les
sensations sont bonnes, je ne veux pas trop regarder les temps de
passage car je ne veux griller aucune cartouche.
Marc et Gaëlle sont à la Pra, c'est super sympa mais trop court,
je ravitaille en discutant mais il faut déjà repartir. La montée à
la Croix se fait correctement, je bois, je mange, tout va bien. Je
croise Nico qui monte alors que je suis presque à la bifurcation
avec Freydanne. Il a l'air bien, tant mieux !
Alors que tout allait, bien, une première alerte crampe se fait
sentir à l'adducteur gauche sur la petite remontée de Freydanne.
Si tôt ! Je prends ça au sérieux et laisse passer deux concurrents
pour prendre des gels dans mon sac et m'alimenter en conséquence.
Je bois, je mange. Plus rien, plus de crampe. La descente sur Jean
Collet se passe bien. Au ravito, je fais le plein, mange une soupe
et repars. L'enchaînement des deux cols suivants m'a déjà joué des
tours donc je les prends au sérieux...
Tout passe bien, je bois toujours régulièrement, les sensations
sont bonnes. Arrivé au pas de la Coche, je sens que quelque chose
ne tourne pas rond, je commence à être dégoûté par l'alimentation
mais il faut que je mange. Au Habert d'Aiguebelle, je suis presque
en hypo, je mange une soupe de légume, je bois, je refais les
niveaux et je m'assois 5 minutes. Il n'y a rien à ce ravito, c'est
vraiment dommage...
J'attaque le nouveau col pas très vaillant et soudain, ce sont les
crampes qui arrivent, adducteurs, mollets, quadriceps, la totale !
Je suis obligé de m'arrêter 3 ou 4 fois pour faire passer tout ça.
Des pauses de 4 à 5 minutes pour espérer repartir. Je me fais
doubler par quelques concurrents mais certains sont encore plus
mal en point que moi. Au col, un bénévole me donne du salé mais
les jambes ont reçu sévère !
Je remplis les bidons dans le torrent de la descente et m'enfile
près d'un litre d'eau en 10 minutes. Les crampes ont l'air de me
laisser tranquille, la progression redevient correcte. La Vache
passe pas mal, je suis de nouveau en course. Je bois toujours pas
mal. Dans la descente sur le Pleynet, je me dis que tout est
revenu, les jambes sont nickel, je discute avec un concurrent
corse très sympa et on arrive ensemble à bonne allure juste avant
la nuit. Pas besoin de la frontale !
Difficile de manger au Pleynet, pourtant il y a Florence qui a
dévalisé 5 boulangeries, Jacques qui vient aux nouvelles, Cédric
et Maxime qui foncent chercher tout ce que je leur demande. Bref
un ravito six étoiles !
Je dis à Marylène que Nico ne doit pas être loin car j'ai vécu
l'horreur pendant 2 h 30. Et Nico arrive 20 minutes après moi.
Je n'ai pas pu trop manger mais il faut repartir, j'avais de
bonnes jambes en arrivant au Pleynet, ça va être bon la suite !
Et bien non ! Dès les premiers mètres de descente, les quadiceps
sont hyper douloureux. Je mets ça sur le repos au Pleynet, ça va
se réchauffer... Rien à faire, c'est très douloureux à l'impact,
au toucher, bref c'est la misère !
Je ne peux plus courir autour du lac du FDF, obligé de marcher. Et
même à la marche, c'est douloureux. Je réfléchis et conclus
rapidement que le Doliprane, c'est hors de question, je ne veux
pas utiliser de produits pour finir un ultra. Mais qu'il me reste
85 km et que dans cet état, ce n'est pas envisageable. Je n'en
suis pas à mon premier ultra, je sais que je ne suis pas dans mon
état physique normal, les crampes ont laissé des sequelles à mes
muscles, je ne veux pas finir en mode zombie. Surtout à ce stade
de la course !
Bref, clignotant avant la montée à la Valloire, cela aurait été un
calvaire d'aller au Gleyzin et place à l'assistance de Nico et
Maxime, ça, je n'ai encore pas fait !
C'est sympa aussi de voir ce côté de la course...
CR Michèle
2016
Découverte de l'Aigleton et surtout l'année ou j'ai révisé tout ce
qu'il ne fallait pas faire si je voulais réussir la fois suivante.
Et ça a marché.
Pourquoi ?
2 arrêts consécutifs sur cette course en 2015 et 2016 avaient
entamé mon pourcentage de réussite et ma relative confiance sur
terrains difficiles, surtout du côté digestif.
Je décide donc cette année de n'avoir que pour premier objectif de
finir.
Tant pis pour le chrono, les 2 années précédentes m'ont remis à
l'heure : j'ai un bide sensible et je vieillis.
Michèle est là aussi pour régler leur compte aux barrières
horaires, elle va adopter une stratégie plus rapide... Maxime nous
sert de chauffeur comme l'année dernière avant de s'élancer pour
son parcours des crètes.
Cédric fera la traversée nord qui pique pas mal aussi.
Bref, la météo est bonne, pas de blessure, pas de bobo, le moral
est là.
Go, c'est parti vers 6 h 00, les frontales seront allumées presque
45 minutes puis c'est le lever du soleil.
Je constate pendant cette première longue montée que je n'arrive
pas à faire monter le coeur. Alors c'est pas mal pour l'économie
mais j'ai l'impression de ne pas pouvoir aller bien plus vite...
De toute façon, c'est long, je reste un moment avec Alexandra
Rousset qui gagnera chez les féminines.
Mon passage à Arselle se fera en retard sur les autres années,
tout comme les sensations me le confiaient, ce n'est pas un grand
jour de perf !
Un bon ravito en liquide et je repars. J'ouvre mon sachet de
sushis sous vide ( excellents ) et je remplis la machine tant
qu'elle le veut encore.
Le refuge de la Pra est atteint avec 20 min de retard sur les
années d'abandon. Bon ravitaillement, coca et sirop dans les
gourdes et zou c'est reparti pour la croix de Belledonne.
Je m'arrête 5 minutes en haut pour avaler la fin de mes sushis et
un bout de pizza. Le ventre ne va pas trop mal, les jambes sont
nickel.
Je peux descendre sans douleur aux quadriceps et je me retrouve à
Jean Collet où décidément il se passe des trucs louches !
Des gouttes de sang sur le chemin...
Le coureur devant moi qui plante son bâton dans le vide et qui
saute de 6 m dans les myrtilles...
Ravitaillement au refuge, j'essaie de manger, il y a plus de monde
que d'habitude car je passe un peu plus tard. Rien d'alarmant, il
faut que le système digestif tienne.
Mp3 sur les oreilles, c'est le duo Mine de fer / Brêche fendue qui
se profile et ensuite ce sera ravito de pro par Nico.
Cela se passe bien, je pense à Michèle qui doit avoir le couteau
entre les dents.
La remontée sur le pas de la Coche est rempli de myrtilles, j'en
mange quelques petites poignées et file pas trop mal. Les
quadriceps sont toujours au top.
Quoi, que, qui ! A l'arrivée au Habert d'Aiguebelle, il y a Marc
qui m'avait dit qu'il ne serait pas là ( blague ) !
On rejoint Nico en bavardant.
Alors là, c'est le tournant de la course.
Alors que les concurrents sans assistance n'ont presque rien à se
mettre sous la dent, Nico a apporté un fauteuil de plage et des
victuailles pour ravitaillement EB.
Raisin, pilons de poulet, tartes aux fruits, jus de fruits,
nourritures diverses et variées, danseuses du ventre, écran
cinéma... Bref du 5*.
Nico me dit qu'il y a eu fracture ouverte du fémur pour un
concurrent avant Jean Collet, d'où le sang sur le sentier... Marc
me dit qu'il vient avec moi jusqu'à la Vache, c'est excellent !
Assistance de pro, merci les gars et Gaëlle !
On fera 2 belles montées avec le Marco, je ne souffre pas de trop
mais le coeur ne monte toujours pas. On se sépare au col de la
Vache car Marc a encore un bout de chemin pour rentrer ! Merci
Marco !
La descente jusqu'au Pleynet se fait correctement, il y a des
framboises sur le bord du sentier et j'arrive bien avant la nuit
cette fois vers 20 h 20 au lieu des 21 h de 2016.
Florence, Jacques et Maxime sont là pour me faciliter le ravito.
Je mange un peu trop vite et je dois aller m'allonger 10 minutes
pour que le ventre ne fasse pas des siennes.
Je repars tout doucement avec la frontale. Je crains cette montée
au chalet de la grande Valloire. Elle passera pas trop mal
finalement.
Petit thé au chalet et c'est reparti pour Gleyzin. Une féminine
est à l'arrêt avec son poisson pilote, blessée aux quadris on
dirait. J'arrive aux Gleyzins pas trop mal. La soupe maison aux
légumes fera merveille même s'il me faut 10 minutes pour l'avaler
tant la digestion est limite. Redémarrage à petit train, je ne
vais toujours pas vite mais ça monte. Coup de bambou sous l'Oule
où je décide de m'allonger 10 min dans la couverture de survie. Je
sors le tout et à peine allongé, il pleuviote...
Je remballe et continue. Le ciel est tout couvert. Au refuge, on
m'annonce 54ième, ça me va bien. Je continue encore 45 min et là,
c'est le drame !
L'orage que j'entendais depuis un moment au loin est sur nous.
Eclair puis 1/2 seconde plus tard tonnerre, vent, il pleut à
l'horizontale. La température vient de chuter de 10°C. J'avais
enfilé la veste goretex mais le short et le slip sont trempés en 2
minutes.
Je regarde derrière moi et ne vois pas de frontale, les gars ont
dû se mettre à l'abri sous les gros rochers qui étaient encore là.
Où, je suis, ce sont les 300 derniers mètres de D+ et il n'y a
rien pour s'abriter. Pas trop froid car ça monte mais je ne
m'arrête pas au col de Moretan de peur de geler. La pluie a cessé
mais les rochers sont trempés. Ceux qui connaissent Moretan savent
que mouillé, c'est encore plus compliqué. Les nouvelles Salomon Xa
pro ont une semelle qui tient bien par rapport aux anciennes, je
ne glisserai presque pas, aucune chute. Bien sûr, je me sers des
cordes installées sur la moraine car la chute serait problématique
en cet endroit.
J'arrive à Périoule le ventre bloqué, je demande aux super
bénévoles si je peux aller m'allonger. L'un deux m'accompagne à
une tente toute neuve dans laquelle il y a un tapis mousse et une
couverture de survie. J'y dormirai 20 minutes. Le ventre me dit
qu'il peut ingérer quelques denrées, je l'écoute et repars vers
Super Collet.
La montée de la mort se fera au train sans s'arrêter mais au train
à vapeur neurasthénique. A Super Collet, j'arrive au moment où
Florence et Maxime arrivent eux aussi. Maxime part à 10 h pour sa
course. J'arrive à 8 h 46. Je prends le temps de bien me refaire
et je pars à 9 h 30 tout rond sous une averse mémorable. Ce n'est
pas grave, le ciel est bleu juste derrière.
Les coureurs du 47 vont bien nous emmerder à doubler. Je fais
l'effort de me pousser à chaque fois. Puis lorsque les meilleurs
sont passés, le groupe des moins affûtés reste avec nous. Certains
sont même plus fatigués que nous ! Cela me force à suivre un train
dans la montée aux Férices et ce n'est pas plus mal.
J'arrive à Val Pelouse à 14 h 44. Je ne me souviens plus ce que
m'a dit Florence, sera-t-elle là ? Je ne la vois pas, je
ravitaille ( une banane + niveau de liquides ), discute avec
Daniel Boébion et je file.
Il fait très chaud, c'est bien dur. Je décide de faire un micro
sommeil dans la descente à l'abri d'un rocher, à l'ombre. 9
minutes de sommeil et la jauge remonte, je n'ai plus sommeil,
c'est reparti.
La montée au mont du Chat se fait sans à coup mais je ne peux pas
relancer. Par contre, la descente sur le Pontet, avec les quadris
intacts, ça marche, je double du 47 à gogo, quelques 144 aussi.
Au Pontet, il y a Florence, ce qui veut dire diabolo menthe à gogo
et tentative d'alimentation. Je ne stoppe pas longtemps et repars
pour ce dernier tronçon.
Des groupes du 47 en finissent eux aussi avec leur parcours,
j'avais anticipé la pose de la frontale, eux non. Je file devant.
Dans cette descente, j'ai les quadris intacts et après un rapide
calcul, je pense qu'il est possible de descendre en dessous des 40
h.
Feu ! Descente à fond, je double des concurrents du 47 et du 144
et je finis en 39 h 53 à la 55 ième place.
Les ravitos perso de Nico, Marc, Gaëlle, Florence, Maxime et
Jacques sont pour beaucoup dans cette réussite. Un très grand
merci à eux.
Cerise sur le gâteau, Maxime à fini sa course, Michèle est en
train de finir le 144, seul Cédric arrête le 87 au 55ième ( c'est
déjà pas mal pour Belledonne). On ira tous ensemble le dimanche
matin chercher Michèle qui termine sa course en 52 h 41 avec son
dossard de vieille voiture ou de numéro de table de resto.
CR Michèle
2017
Vizille départ : 6H02
Arselle : 8H58
La Pra : 12H05
Jean Collet : 15H58
Habert d' Aiguebelle : 19H14
Pleynet base de Vie : 1H56
Gleyzins : 8H30
Moretan : 2H08
Périoule : 13H30
Super Collet : 16H54
Férices : 21H15
Val Pelouse : 1H00
Pontet : 7H04
Aiguebelle arrivée : 10H43
52H41
« Je suis absente pour le moment,laissez un message ».
Laissez moi rêver, laissez moi…